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Filière de la viande rouge en Algérie. On navigue à vue !

Quel avenir pour la filière algérienne des viandes rouges ? Pourquoi cette dernière n’arrive toujours pas à se débarrasser des intermédiaires qui impactent les prix et la distribution ? Le marché national des viandes est, depuis des lustres, réputé juteux, pour preuve que les Algériens consomment 55.000 tonnes par an seulement en ce qui concerne les viandes blanches. Pour les viandes rouges, c’est une autre histoire car il va falloir en découdre avec ses prix. En 2021, la valeur de productivité des viandes rouges avait été estimée à 483 milliards de DA ; cette valeur est restée stable depuis, excepté que la sécheresse a fait que les prix grimpent d’une manière vertigineuse après. A l’heure où une mauvaise disponibilité des viandes rouges règne sur le marché national durant le mois de Ramadhan, l’Algérie veut satisfaire la demande des ménages. L’Algérienne des viandes rouges, société du groupe public, dirigée par Lamine Deradj, avait dévoilé avant le Ramadhan que son groupe avait conclu des accords avec 12 opérateurs pour l’importation de la viande rouge à raison de 1.200 DA le kg. Pour cela, on a annoncé la création de 1.100 points de vente répartis sur le territoire national. N’empêche que la disponibilité de cette viande importée qui coûte moins cher, fait ces jours-ci l’objet de critiques de la part des consommateurs dont beaucoup estiment qu’il faut se lever à 6h du matin pour espérer l’avoir en raison de la chaîne due à la forte demande. C’est dire qu’en plus de la pénurie de viandes rouges due essentiellement à un déficit de production, issu de l’élevage en têtes de bovin et ovin notamment, le marché fait face à la mauvaise distribution de ce produit de consommation stratégique. L’Algérie souffre d’un manque criard d’une stratégie nationale lui permettant une visibilité claire dans la filière de la viande rouge pour satisfaire la demande nationale marquée par un déficit de 10 millions de têtes, a fait remarquer, ce dimanche, le Directeur général d’Alviar, Lamine Derradji, estimant que les Algériens consomment 55.000 tonnes de viande/an, l’équivalent d’une facture de 400 milliards de dinars dont une partie est absorbée par le circuit informel.
Un prochain recensement sur l’activité agricole globale, annonce Lamine Daradji, va renseigner sur les réels potentiels de l’Algérie permettant de situer et « éliminer les intermédiaires» par la création des coopératives à partir desquelles on peut projeter une réelle production animale qui ne dépasse, présentement, le cap de 10.000 tonnes au nord, en plus des 4.000 tonnes de viande du sud, importées par troc des pays voisins. Pour pallier à ce déficit, l’Invité de la rédaction de la chaîne 3, de la Radio Algérie, évoque la nécessité de la mise en place d’une réelle stratégie nationale pour le développement de la filière, handicapée par plusieurs facteurs à l’origine de la cherté de cet aliment vital. « Cette cherté n’est le propre de l’Algérie mais elle obéit à plusieurs paramètres ayant affecté le marché mondial dont celui de Corona, la guerre en Ukraine. Sans oublier outre le problème de la sécheresse qui a touché essentiellement les pays producteurs, ainsi que la baisse accrue de la production en Europe », explique Lamine Daradji, soulignant que la demande en cette période par le monde musulman dépasse l’offre. Et « pour satisfaire le besoin national en viande, il faut avoir une stratégie pour relancer la filière », insiste-t-il, déplorant le fait que le recensement du cheptel national n’a pas été fait depuis 2020. Selon lui, cette politique qui table sur la reconstitution de notre cheptel, est mise en route à la faveur d’un cycle de réunions pour mettre à l’œuvre les recommandations sur les aides incitatives pour sauver l’élevage, vivier de la production nationale, et relancer la steppe, en dégradation. Car, ajoute le DG d’Alviar, « qui dit relancer la production animale, dit relancer la production végétale, en créant des centres d’élevage avec des zones de pâturage pour ainsi passer de l’élevage intensif à l’élevage extensif », suggère-t-il. Concernant la feuille de route d’Alviar, le premier responsable indique que l’opération Ramadhan 2023 a débuté le 19 mars, c’est pour cela qu’on n’a pas senti l’impact de cette viande, précisant que la commercialisation de cette viande a eu son impact sur les prix locaux qui était de 2.500 DA et dernièrement cédée à 1.750-1.850 DA le kilo. Alviar s’est investie en outre dans l’importation des 25.000 tonnes de viandes fraîches sous vide, depuis le Soudan, et à relancer ses fermes pilotes pour la production animalière, en collaboration des instituts spécialisés.

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