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Fermeture des usines de montage automobile. 51.000 postes d’emploi perdus

Radioscopie d’une filière pas comme les autres. La filière de montage automobile a souffert des “pratiques anciennes”, malgré tout l’investissement. Elle n’en manquera pas moins d’être impactée par l’arrêt de l’importation des pièces. Pour les experts, le “mal” de cette filière, voulue être un fleuron de l’économie, avait débuté bien avant. Usines de montage fermées, patrons en prison et des milliers de salariés mis sur le carreau, l’année 2020 aura sans nul doute été ”chaotique” pour la filière automobile en Algérie. La Covid-19 avec ce qu’elle a induit comme l’arrêt de l’importation des pièces de montage de véhicules, avait fait sonner le “glas” pour plusieurs de ces usines. En mai 2020, la filière algérienne du constructeur sud-coréen Kia annonçait son intention de fermer pour cause d’arrêt d’importation de pièces. Quelque 1.200 salariés y ont été pénalisés. Ce fut le tour de plusieurs usines comme Renault Algérie, la première unité de montage près d’Oran depuis 2012, à subir un sort identique et de liquider certains de ses salariés, faute de financement des salaires. Déjà en décembre 2019, le groupe Volkswagen, ouvert en 2017 après Hyndai en 2016, annonçait le bal, décidant la fermeture pour cause de rupture de pièces de montage. 2020 fut la piètre année au fait pour la filière construction automobile. Au temps de l’ex-président Bouteflika, démis de ses fonctions en avril 2019, la filière avait tourné au fiasco. Ce qui a obligé l’ex-ministre, Mahjoub Bedda, à jeter l’éponge fin 2017 et interdire tout nouveau projet de montage automobile. Entre malversations, abus d’importation, transferts illicites d’argent à l’étranger et gonflement des prix de revient des véhicules montés en Algérie, l’industrie automobile algérienne n’avait pas connu de “blocages” aussi flagrants. Résultat: Des ex-patrons d’usines (Tahkout pour Kia et Oulmi pour Sovac) ont été incarcérés suite au plus grand procès du scandale lié au montage automobile. Les autorités algériennes décident de tout remettre à plat. L’importation des pièces de l’étranger fut d’abord interdite. Le Gouvernement a instauré un nouveau cahier de charges prévoyant un taux d’intégration de pièces localement de 30% au démarrage. Or, de l’avis des experts, cela exige un savoir-faire en la matière, ce qui est rare en Algérie. Arrivé au pouvoir en décembre 2019, rappelons-le, le Président Abdelmajid Tebboune avouait, après son élection, que “certains projets ne peuvent être qualifiés d’industrie mais qu’il s’agit simplement d’importation masquée“. Il a ordonné alors de remettre de l’ordre dans cette filière entachée de corruption, une décennie durant. Les concessionnaires entre autres ont été exhortés de fabriquer localement les véhicules, en partenariat avec les marques étrangères, pour éviter que de tels scénarios ne se rééditent. Fini en effet le temps d’importation des véhicules en SKD, soit en kits remontés. Aujourd’hui, la filière ne veut plus dépendre en permanence des importations pour éviter la déperdition des devises et par-là même relancer l’économie et encourager les recrutements des salariés. Qu’en sera le prix? Pour répondre, l’arrêt d’importation des pièces a eu ses effets immédiats. Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, El Hachemi Djaaboub, a fait état, lundi à Chlef, de la perte de 51.000 postes d’emploi en 2020 suite à la fermeture des usines de montage automobile et à l’arrêt de l’importation des produits destinés au montage des appareils électroménagers. « L’année 2020 a été marquée par la perte de 51.000 postes d’emploi suite à la fermeture des usines de montage automobile et à l’arrêt de l’importation des produits destinés aux usines de montage des appareils électroménagers », a déclaré le ministre dans une allocution prononcée au siège de la wilaya, au terme d’une présentation sur l’état du secteur. Déplorant un manque de réponses de la part de certaines administrations à des citoyens disposant de terrain, de financement, d’expérience et de volonté pour l’investissement, le ministre a assuré que ses services veilleront à éliminer toutes les entraves pour booster l’investissement. Le développement économique « exige la participation de tous et à tous les niveaux, pour contribuer à la création de postes d’emploi et au recrutement des jeunes et des diplômés de l’université », a-t-il souligné. Evoquant l’intégration des bénéficiaires de contrats pré-emploi, M. Djaaboub a affirmé qu’il s’agit-là, de l’une des priorités du Président de la République, rappelant « la titularisation de 37.000 jeunes durant les trois derniers mois ». Il a indiqué, à ce propos, que son département suivait l’opération d’insertion, wilaya par wilaya, précisant que le nombre de bénéficiaires de l’intégration dans des postes permanents est passé de 20.000 en octobre dernier à 57.000 actuellement. L’opération se poursuit en collaboration avec les secteurs des Finances et de la Fonction publique, a-t-il ajouté. Djaaboub effectue une visite de travail et d’inspection dans la wilaya de Chlef où il a suivi un exposé sur l’état du secteur, avant de visiter le siège de la Caisse nationale de la sécurité sociale des non-salariés (CASNOS) de la wilaya.

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