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Face à une administration détentrice de tout le pouvoir. La mission dévoyée de l’élu

A une certaine époque l’élu n’était pas rémunéré, à quelques exceptions près, pour les tâches qu’il accomplissait au titre de sa mission de représentation de ses électeurs, au niveau des assemblées communales ou de wilaya. Sa mission d’essence totalement politique consistait à porter les revendications de sa base électorale au niveau de l’administration qui est une institution de nature exécutive. Aujourd’hui, nous assistons à une imbrication des rôles et les domaines d’intervention des uns et des autres sont souvent confondus. La rémunération accordée actuellement aux membres des assemblées locales et nationales a transformé les objectifs nobles des élus en une chasse aux postes importants, parfois très bien rétribués, et ne permettent pas une indépendance vis-à-vis de l’administration qui devient détentrice de la plénitude de la décision, le changement des motivations ayant connu une autre tournure dans les esprits. De ce fait, l’administration a pris beaucoup plus de pouvoir dans la gestion de la cité, et ne craint plus le contrepoids que devrait exercer la volonté citoyenne.
C’est l’une des raisons pour lesquelles les incompréhensions s’accentuent de part et d’autre, et s’aggravent par le poids de la bureaucratie qui trouve nécessairement plus d’espace pour se développer et acculer les citoyens dans le marasme de la paperasserie rebutante. Le principe cardinal de l’engagement de l’administration au service du citoyen est en passe de perdre toute sa signification. Alors même que ceux qui sont choisis par les administrés sont généralement natifs de la circonscription électorale, et quoique plus au fait des besoins de leurs compatriotes, ils sont rares à vouloir faire passer leurs propositions, ni même la parole de ceux qui les ont choisis, pour certains ce qui est plus grave, juste pour ne pas froisser les décideurs. Cette situation agrandit l’espace d’hostilité entre les camps et fait effriter la confiance entre élus et électeurs, ces derniers étant assimilés à de simples opportunistes passés de l’autre côté, bien plus soucieux de leurs intérêts personnels que du bien de la communauté qu’ils sont censés représenter. Le pays compte 1541 APC et 48 wilayas dotées d’APW, un simple petit calcul donne la mesure de l’importance du nombre des préposés à la représentation populaire.

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