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Face à la recrudescence de la pandémie, les sites d’annonces pris d’assaut. Cherche oxygène désespérément!

Demandes en oxygène médical de plus en plus importantes en Algérie. Tout compte fait, l’oxygénothérapie est utilisée pour soigner des maladies pulmonaires interstitielles. L’oxygène à domicile autant que les hôpitaux est aussi indispensable pour les malades atteints de Covid, se traitant chez eux. Que doivent-ils faire devant cette rupture indélicate de l’oxygène médical? Les appels d’internautes sur l’oxygène médical pour soigner leurs malades sont en profusion chaque jour que Dieu fait. Les personnes malades, soignés au Covid, ont peut-être vu leurs médecins utiliser l’oxymètre, un appareil ressemblant à un pince à linge collé à l’index pour la mesure du taux d’oxygène dans le sang. Cela peut être utile pour contrôler et surveiller à domicile une aggravation du cas de la pandémie et ne pas être contraint au stade de l’hospitalisation, en cas de troubles respiratoires dues au Covid. Seulement, ce type d’appareil qu’on peut trouver seulement chez les médecins, est-il disponible chez les «corvidés» qui se soignent chez eux? Encore qu’il ne s’agit que de ce petit oxymètre, que dire alors d’un concentrateur ou d’une bouteille d’oxygène médical? Alors que la pandémie du Covid-19 en Algérie en est à sa troisième vague, la sempiternelle question des moyens médicaux les plus élémentaires, entrant dans la prise en charge thérapeutique, se pose encore avec acuité et peut-être pour toujours tant que le bricolage semble régner en maître dans un système de santé déjà jugé «obsolète» par des spécialistes de santé publique. Cet état de fait a suscité une forte demande sur l’oxygène médical, au vu de nombreux patients qui recourent aux sites d’annonces dans l’espoir de se procurer un appareil d’oxygénothérapie. La hausse phénoménale du nombre de personnes contaminées par le Coronavirus qui a frôlé la barre des 180.000 cas en Algérie, a fait son tollé. Une pression inédite sur ces appareils qui se font rares sur le marché. Un annonceur à Oran est tombé sur un vendeur de Maraval la cédant à 15 millions de centimes la bouteille. Désespérés de trouver un concentrateur chez un distributeur ou un vendeur de matériel médical, des internautes en détresse publient quotidiennement des annonces sur les sites spécialisés et les réseaux sociaux dans l’objectif de louer ou d’acquérir cet équipement indispensable à la survie de leurs malades, quitte à payer le double du prix. Les demandes sur les concentrateurs d’oxygène se multiplient au fil des jours sur Marketplace. Mais, les nombreuses offres affichées sur ce service Facebook sont incapables de d’être toutes satisfaites. Même constat sur le site d’Oued kniss: la quasi-totalité des annonceurs qui vendent ou louent ces appareils, ne répondent pas aux appels et ceux qui répondent, affirment avoir écoulé leurs stocks. Parmi eux, Akli, un distributeur de matériel médical établi à Boghni (Tizi-ouzou). En rupture de stock depuis plus d’un mois et demi, il affirme recevoir une soixantaine d’appels de personnes en détresse à la recherche de générateur d’oxygène pour leurs malades. Cette forte affluence sur les annonces offrant des concentrateurs, s’explique par la rupture de stock en oxygène médical au niveau de plusieurs établissements de santé publique, dépassés par les nombreux cas de Covid-19. Même les Associations d’aide aux malades reconnaissent leur incapacité à satisfaire toutes les demandes. C’est le cas de l’Association « Winnelka » qui reçoit « plus de 500 appels par jour » alors qu’elle ne dispose que de 192 appareils de 5 et 10 litres, selon ses responsables. Au siège de l’Association, sise à Draria, de jeunes gens munis d’une ordonnance et d’une pièce d’identité, viennent quotidiennement depuis le début de la crise, emprunter un concentrateur pour un parent ou un voisin malade. Un membre de l’Association explique à chacun d’entre eux le mode d’emploi de l’appareil. « Nous sommes quotidiennement sollicités pour des concentrateurs d’oxygène, malheureusement nous ne pouvons satisfaire tout le monde et beaucoup de malades, en difficulté respiratoire, sont toujours sur la liste d’attente », a regretté le chargé de la communication de cette Association, Akram Hachache. Outre les malades de la Covid-19, cette situation touche également des personnes souffrant de maladies respiratoires et des cancéreux, s’alarme-t-il. Deux membres sont chargés d’enregistrer les noms des patients en quête de générateurs d’oxygène et de contacter leur famille dès qu’un appareil est disponible. Ils doivent respecter l’ordre chronologique des demandes: « Premier inscrit, premier servi ». Malheureusement, certains malades décèdent entre-temps. « Rien que ces trois derniers jours, nous avons enregistré 14 décès », a déploré un membre de l’Association. Face à cette conjoncture sanitaire, l’Association espère que les autorités faciliteront, aux organisations à caractère non lucratif, la réception des dons qui parviennent de concitoyens résidant à l’étranger. Récemment, son président, Karim Ibrachiren, a été reçu par le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Abderrahmane Djamel Lotfi Benbahmed, qui a assuré la disposition de son Département à accorder « toutes les facilitations et à examiner ‘en toute célérité’ les demandes d’importation des équipements d’oxygénothérapie ». De son côté, le président de l’Union nationale des opérateurs de la pharmacie (UNOP), Abdelouahed Kerrar, a déclaré que « ces appareils offrent la chance aux malades de se traiter à domicile en ces moments de crise, ce qui permettra d’atténuer la pression sur les hôpitaux et de réserver les lits pour les cas plus graves ». M.Kerrar précise toutefois que les concentrateurs d’oxygène sont prescrits aux patients qui ont besoin d’un faible débit (2 à 10 litres par minute). Le concentrateur d’oxygène fonctionne à l’électricité et est réglable selon le débit d’oxygène prescrit par le médecin au malade. Quant aux besoins nationaux en concentrateurs d’oxygène, il a affirmé que seule une étude épidémiologique nationale sur la pandémie permettrait de les déterminer. Cependant, M.Kerrar estime qu’en ces circonstances « mieux vaut importer davantage pour sauver le maximum de vies humaines, même si l’on se retrouve avec des quantités supplémentaires à la fin de la crise ».

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