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Exportations et savoir-faire

Une nation très habituée à l’importation à outrance, même pour la chiffonnerie, les cure-dents chinois, de la cocaïne sud-américaine, au hachich marocain et le blé français, va sûrement trouver de la difficulté à exporter. L’exportation est chez nous, un terme – disons – théorique qui ne s’est pas encore fait une place respectable dans notre lexique du commerce extérieur. Nous exportons des hydrocarbures et d’autres produits bruts et avec cette grosse rente, nous importons de quoi vivre dans un faux confort … Pourquoi? Parce que les choses ont ainsi été décidées et ce, depuis longtemps. D’autres appelleraient ça, la malédiction du pétrole dans un pays rentier. Ensuite, pour les responsables qui ne veulent pas se fracasser la tête, en suivant le chemin le plus court et le plus facile. Il n’y a pas une meilleure façon, moins épuisante que de vendre du pétrole et remplir les étalages par des produits importés. L’essentiel, c’est qu’on ne manque de rien. Ce genre de responsables sont pour nos fournisseurs et tuteurs étrangers, «des authentiques démocrates et très respectueux des Droits de l’Homme». Nos fournisseurs adorent les importateurs, mais du coup, ils ont horreur de ceux qui préfèrent produire, inventer, perfectionner et surtout exporter… Et, pour plaire à nos fournisseurs qui nous garantissent, le plus longtemps possible, notre séjour au pouvoir, nous devrions importer tout y compris le blé, malgré que nous occupions un pays aussi grand qu’un continent. «Il faudrait encourager les exportations hors hydrocarbures », un slogan, devenu un bobard creux avec le temps, que nous ne cessons d’entendre, depuis une trentaine d’années, à chaque tournant et à chaque occasion; ce sont les conséquences logiques lorsque l’on gère une nation sans avoir le moindre aspect du nationalisme. Parfois, l’on a l’impression que le pays est géré par des mercenaires, aventuriers politiques motivés par le gain instantané. Les procès de l’année dernière ayant touché un groupe important d’anciens dirigeants du régime déchu, impliqués dans des affaires économiques criminelles, avaient bien approuvé notre perception des choses. Le mal s’est incrusté dans les rouages de l’Etat algérien au point où le nouveau régime, travaillant pour une nouvelle République, ne sait pas où irait-il entamer sa mise en ordre de la situation. Lorsque l’on pense aux affaires de l’Etat avec une certaine responsabilité nationaliste, c’est à ce moment-là, que l’on pourrait penser à comment imposer nos produits « made in Algérie » sur les marchés mondiaux …Voilà pourquoi, il ne suffirait pas d’être, seulement, un bon gestionnaire avec bagage lourd d’expériences et de titres…

À propos Abdelkader Benabdellah

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