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Essais nucléaires français Le crime de trop

Le 13 février 1960, à Reggan, dans le désert du Sahara (sud), la France a procédé à son premier essai nucléaire, baptisé «Gerboise bleue». Une bombe au plutonium d’une puissance de 70 kilotonnes -trois à quatre fois plus puissante que celle d’Hiroshima- dont les retombées radioactives allaient s’étendre à toute l’Afrique de l’Ouest et au sud de l’Europe. Aujourd’hui, le 13 février 2024, nous sommes à la 64ème année après l’indépendance et la «France historique n’a pas encore assumé ses engagements et ses responsabilités envers «l’Algérie indépendante» concernant justement le dossier brûlant des essais nucléaires ayant eu lieu dans le Sud algérien. En métropole, l’on tergiverse en misant sur le facteur temps, en espérant que ces algériens de «la merde», encombrés par cette question, finiront par fléchir et renoncer à leurs droits. Et bien, surtout n’essayez pas de croire que cette lourde affaire finira par expirer sous un possible délai de prescription. Il y avait, tout le temps, des Algériens qui étaient prêts à renoncer à tout.. Par contre, il y aurait, tout le temps, des Algériens qui ne vont guère renoncer, même cinq siècles après, au sang de leurs martyres. En ce sinistre anniversaire, j’aimerai bien reprendre dans cette chronique consacrée à cette lugubre affaire, les propos d’un général de l’ANP tenus dans la revue militaire el Djeich: «Plus de 60 ans sont passés après le premier essai nucléaire en Algérie. La France persiste dans son refus de livrer les cartes révélant la localisation de ses restes nucléaires». Selon les mêmes propos, la remise des cartes est «un droit que l’Etat algérien revendique fortement, sans oublier la question de l’indemnisation des victimes algériennes des essais». Nous sommes donc devant un cynique jeu de cache-cache que la France serait en train de jouer afin de se soustraire à ses responsabilités pénales, morales et historiques. Nous savions depuis longtemps que les puissances de la planète dont la France en fait partie intégrante, sont exemptes de toutes formes de poursuites judiciaires vis-à-vis des crimes commis contre «les agrégats de sous hommes du tiers monde ». C’est ce que nous sommes en train de vivre quotidiennement, avec ce qui se passe à Gaza avec les Palestiniens depuis plus de 130 jours … c’est l’impunité flagrante ! c’est l’injustice internationale… C’est le même processus qui se manifeste avec des formes diverses. Depuis Hiroshima et Nagasaki en passant par l’Algérie, la Palestine, l’Irak …entre autres. C’est le principe de l’impunité à l’égard de tout ce qui représente un quelconque aspect de puissance.

À propos Abdelkader Benabdellah

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