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Essais nucléaires français en Algérie. «Des crimes imprescriptibles»

Quelle responsabilité juridique des essais nucléaires commis par la France coloniale sur le sol du sud algérien? Sous le sol du Sahara se cache un lourd passé nucléaire. Qu’ils soient intentionnels ou circonstanciels, le fait est là. Ces essais nucléaires ont métamorphosé et effacé la nature, des humains, la faune et la flore. Au total, 17 essais nucléaires seront réalisés entre 1960 et 1966 à El Iker et Reggane. Une vraie «catastrophe» qui hante toujours l’Etat français à travers les décennies. La France qui se contente de simples déclarations et de condamnations «sans envergures» et sans pour autant passer aux aveux de ses crimes, encore moins aux indemnisations des victimes algériennes, tourne le dos à un pan aussi douloureux et abject de la colonisation barbare et cruelle de l’Algérie. Une nouvelle fois, le Conseil national des Droits de l’Homme (CNDH) tient à se positionner à l’un des plus atroces crimes commis dans le monde s’il ne dépasse celui qu’on appelle sinistrement la bombe d’Hiroshima. Aujourd’hui plus que jamais, les familles endeuillées par leurs victimes des essais nucléaires au Sahara, ou celles ayant miraculeusement survécu à ce désastre environnemental et humanitaire, en portent les séquelles terribles qui vont de déformations de membres et de visages, des amputations ou des maladies chroniques ou respiratoires. La responsabilité juridique est éligible par les lois des Etats quand il s’agit de conséquences aussi regrettables que ces essais nucléaires sur les victimes mais aussi sur l’environnement. Mais pour parvenir à cette responsabilité d’un Etat dans de tels actes, il faut d’abord que celui-ci fasse des aveux pour déclencher la voie pénale qui ouvre droit, entre autres aux indemnisations. Le CNDH condamne énergiquement ces actes mais insiste justement sur la responsabilité juridique. Il affirme dans un communiqué que les essais nucléaires français au Sahara algérien «resteront à jamais des crimes imprescriptibles», engageant une « responsabilité juridique ». A l’occasion de la Journée internationale contre les essais nucléaires (29 août), le CNDH a souligné que les explosions réalisées par la France coloniale au Sahara algérien avaient entraîné « la destruction et l’annihilation de l’homme, de la nature et de l’environnement ». Mieux, le Conseil national des Droits de l’Homme met en exergue la possibilité de faire des recherches pour évaluer l’impact des radiations dégagées des suites des essais nucléaires de Reggane et d’El Iker sur les civils et l’environnement. Pour rappel, les autorités françaises avaient décidé à l’époque de faire du Sahara algérien le théâtre des essais de la bombe nucléaire, « en prétendant, à la tribune de l’ONU, qu’il s’agissait d’une zone inhabitée », a rappelé l’organisme consultatif, évoquant les répercussions de ces explosions dont continuent de souffrir, à ce jour, les petits-enfants des victimes. La France a délibérément occulté un fait de taille. Alors qu’elle veut faire croire à qui veut l‘entendre que ces essais avaient eu lieu dans une «zone inhabitée», ses militaires avaient utilisé des humains comme des «cobayes» pour tester l’effet des essais. Quelle bassesse, quelle honte! Comment la France a-t-elle pu tomber si bas? « Toutes les circonstances ayant entouré ces explosions nucléaires et l’ampleur des effets des radiations qui en ont résulté sur la population de la région, ne font aucun doute sur le caractère intentionnel et prémédité de ce crime », martèle le CNDH. Il soutient qu’ »il s’agit d’un crime imprescriptible qui engage une responsabilité juridique ». « Il est plus évident que jamais que le dossier de la mémoire doit continuer à être brandi face à quiconque songerait à l’occulter », a insisté le CNDH, soulignant que « les essais nucléaires, en particulier, demeureront à jamais des crimes imprescriptibles dont les séquelles ne sauraient être réparées par une quelconque indemnisation, aussi importante soit-elle ». Cela étant, « l’espoir subsiste quant à l’atténuation des effets de cette catastrophe, à la faveur d’une recherche approfondie permettant de traiter ce phénomène », a estimé l’organisme consultatif, expliquant qu’il ne s’agit pas seulement d’octroyer des indemnisations adéquates et d’apporter un soutien psychosocial aux victimes de ces crimes coloniaux odieux, mais aussi d’employer les méthodes scientifiques pour trouver des solutions adaptées aux problèmes environnementaux qui exigent une décontamination totale.

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