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Envoi de fonds des émigrés vers l’Algérie. 1,8 milliard de dollars en 2021

Les ménages algériens devront-ils s’attendre à une récession de l’argent que leur envoient leurs émigrés en 2022 ? De quoi sera faite la consommation au-delà ? Ca commence à devenir inquiétant. Les envois de fonds de la diaspora algérienne retombent à 1,8 milliard de dollars en 2021 après qu’ils furent stabilisés sur 1,9 milliard entre 2015 et 2019. Entre ces deux années, ils avaient représenté 1,2 % du PIB puis d’un coup ils ne sont que de 1,1 %. Ces fonds, principale source d’alimentation des ménages algériens au faible revenu en matière de santé, commerce et éducation, ont été impactés par les effets de la crise pandémique à l’instar d’autres pays de la région Moyen- Orient et de l’Afrique du Nord. Ainsi, les envois d’argent des migrants algériens vers leur pays d’origine devraient représenter 1,1 % du produit intérieur brut selon la Banque mondiale. Ils avaient, rappelons-le, enregistré un pic de 2,45 milliards en 2004 avant de reculer jusqu’à 1,997 milliard en 2015 et un peu moins en 2016. Selon les analystes, ces fonds devraient en tous cas descendre de 14 % dans le monde à cause de la crise sanitaire et des difficultés économiques par rapport à la période d’avant pandémie 2019. Par quoi faut-il expliquer cette décroissance des fonds envoyés par les émigrés algériens à leur pays d’origine ? Il y a l’atonie économique, les cours dégringolés du pétrole, la régression des offres d’emploi à l’étranger où sont installés les migrants algériens et surtout la révision du système de quotas et de visas par certains pays d’accueil comme la France. Tous ces facteurs conjugués ont fait que les transferts des fonds de la diaspora algérienne soient relativement minimes. Des émigrés algériens en France qui n’ont pas revu leur famille en Algérie depuis 2019 suite à la fermeture des frontières, ont réduit les montants de leur transfert de devises. Ces fonds sont habituellement utilisés à 75% dans la consommation des ménages dans les achats, dans les approvisionnements alimentaires, des habits ou dans le bétail, d’autres types de commerce ou investis dans le logement. Il n’est pas donc dupe de deviner que leur impact sur le développement dans le pays d’origine soit aussi important. Les envois de la communauté algérienne établie à l’étranger vers l’Algérie devraient s’établir à 1,8 milliard de dollars en 2021, a indiqué la Banque mondiale dans sa dernière note d’information sur les migrations et le développement. Selon les estimations de la BM, ces fonds devraient représenter 1,1 % du PIB algérien. Globalement, les envois de fonds vers les pays à revenu faible et intermédiaire devraient connaître une forte augmentation de 7,3 % et s’élever à 589 milliards de dollars en 2021, note le rapport, confirmant la robustesse des flux déjà observée en 2020, quand les remises migratoires n’ont baissé que de 1,7 % en dépit de la grave récession mondiale provoquée par pandémie de la Covid-19. Pour la deuxième année consécutive, les transferts d’argent vers les pays à revenu faible et intermédiaire (hors Chine) devraient excéder la somme des investissements directs étrangers (IDE) et de l’aide publique au développement (APD), estime le BM, ajoutant que ce constat souligne “l’importance de ces flux, qui constituent une véritable bouée de sauvetage en permettant aux ménages de financer des produits essentiels tels que la nourriture, la santé et l’éducation pendant les périodes de difficultés économiques dans les pays d’origine des migrants”. Les envois de fonds vers les pays en développement de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord devraient avoir augmenté d’environ 9,7 % en 2021 pour atteindre 62 milliards de dollars, grâce au retour à la croissance dans les pays d’accueil de l’Union européenne (France et Espagne notamment) et à la flambée des prix mondiaux du pétrole qui a eu un impact positif sur les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG). Les envois de fonds vers le Maghreb devraient faire un bond de 15,2 % du fait de la croissance de la zone euro, selon le document. Les remises migratoires ont largement complété les programmes gouvernementaux de transferts monétaires pour aider les familles souffrant de précarité économique pendant la crise de la Covid-19. “Faciliter ces envois de fonds pour soulager les budgets des ménages mis à rude épreuve devrait être un élément clé des politiques nationales visant à soutenir un redressement global après la pandémie”, fait observer Michal Rutkowski, directeur mondial Protection sociale et emploi à la Banque mondiale. La détermination des migrants à venir en aide à leur famille en cas de besoin est à l’origine de la forte progression des remises migratoires, de même que la reprise économique en Europe et aux Etats-Unis qui a été stimulée par les programmes de relance budgétaire et de soutien à l’emploi.

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