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En prévision de l’Aïd El Fitr. Plus d’un millier de commerçants réquisitionnés à Béjaïa

La Direction du commerce de la wilaya de Béjaïa a procédé à la réquisition de plus d’un millier de commerçants et vendeurs de denrées alimentaires de première nécessité pour assurer une permanence pendant les deux jours de l’Aïd El Fitr, apprend-on de cette Direction. La mesure vise à éviter toute perturbation dans l’approvisionnement des citoyens en produits alimentaires de base, notamment le pain, le lait, la viande et les fruits et légumes, affirme encore notre source qui précise que ces réquisitions ont été notifiées aux commerçants concernés à travers les 52 communes que compte la wilaya. En sus des commerçants, des unités de production de l’agroalimentaire ont été aussi réquisitionnées pour garantir la disponibilité des produits de première nécessité comme la semoule, la farine, l’huile, l’eau minérale et les produits laitiers.
Concernant les commerçants qui ne répondent pas favorablement à la réquisition, la Direction du commerce de la wilaya menace de précéder aux sanctions prévues par la loi. Concernant toujours la fête de l’Aïd El Fitr, tout comme le Ramadhan, cette fête religieuse est synonyme de dépenses, mettant la bourse des ménages encore une fois soumise à rude épreuve. L’Aïd El-Fitr de cette année a été un cap difficile à franchir, notamment pour les petites bourses, une fête qui est arrivée «après une saignée à blanc des citoyens» durant ce mois de jeûne, pour reprendre la phrase utilisée par une dame accostée dans un marché. Un mois de Ramadhan et une fête de l’Aïd qui seront suivis par des fêtes, qui vont se poursuivre après le Ramadhan et durant cette période estivale, et puis aussi de la rentrée scolaire avec ses multiples dépenses. Faire face dignement aux dépenses de cette fête n’est pas chose aisée pour les ménages qui se trouvent ainsi pris entre le marteau des traditions et l’enclume de la réalité du marché où seuls les spéculateurs trouvent leurs comptes et tirent leurs épingles du jeu. A quelques jours de l’Aïd, alors que durant tout ce mois les prix des fruits et légumes et viandes sont stabilisés, à l’approche de cette fête, et comme le veut la tradition, les familles se sont préparées pour accueillir ce jour par l’achat d’ingrédients nécessaires pour la confection de gâteaux, mais aussi l’achat de vêtements pour les enfants, une corvée supplémentaire pour les citoyens en cette fin de Ramadhan. Les produits pour la pâtisserie et les vêtements connaissent, en ce moment, une flambée qui est, dans certains endroits, vertigineuse. Comme de coutume, les vendeurs de produits de pâtisserie imputent la hausse des prix des arômes et ingrédients aux grossistes, des produits que les spéculateurs étalent à même le trottoir, dans certains endroits des régions de la wilaya de Béjaïa. A tous ces produits prisés pour les besoins de célébration de cette fête, il faut ajouter la hausse vertigineuse des prix des habits pour enfants. En ce qui concerne les marchés et autres boutiques spécialisées dans le prêt-à-porter, ils ont été pris d’assaut par les familles notamment après l’Iftar. Même si l’on constate cette affluence vers ces magasins, en se rapprochant, l’on se rend compte finalement que cela n’est souvent que de la pure curiosité puisque les prix sont exorbitants. Le constat établi, après une virée effectuée dans les différents magasins et marchés de vêtements que ce soit à Béjaïa ou dans la région de la Vallée de la Soummam comme les marchés d’El-Kseur, Sidi-Aich et Akbou, c’est la même hausse des prix qui est visible, parfois vertigineuse et inaccessible pour les petites bourses. Nous avons constaté ainsi, après cette tournée, qu’il est très difficile de trouver des habits pour enfants qui échappent à cette hausse. «Nous nous approvisionnons à partir de Tadjnant où les prix sont déjà en hausse chez les grossistes», nous dira un commerçant d’habillement rencontré à Béjaïa-ville qui nous fait savoir que «les vêtements de cette année sont importés de Chine ou de Turquie». La fin du Ramadhan et l’approche de l’Aïd se distinguent, par les chaînes interminables devant les guichets de poste, des chaînes parfois interminables et lassantes. Au niveau de la poste principale du chef-lieu de wilaya, on nous informe que « cette année il n’y a pas de manque de liquidités et pour réduire l’affluence, les bureaux de poste d’importantes villes comme Béjaïa, Kherrata et Akbou ont ouvert la nuit, ces derniers jours». L’Aïd El Fitr de cette année est, pour beaucoup de familles, une corvée en plus et un cap difficile à franchir ; pour preuve, à défaut d’acheter des vêtements neufs, des citoyens se rabattent dans certaines localités, vers des vêtements usagés de bonne occasion, ou ce qui appelé communément «fripe».

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