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Economie. Bâtir un pacte de croissance est un impératif

Savoir comment et avec quels moyens vendre notre ville, ce n’est pas chose facile. Il faudrait tout d’abord, que la conscience collective de nos décideurs locaux puisse converger vers une synergie entre eux, car son absence signifierait l’échec de l’efficacité. Cela étant, posons-nous la question : comment doivent réagir à la fois nos élus et l’exécutif de la wilaya pour conforter ce passage obligé, qu’’a instruit le président Tebboune à tous les walis, à l’effet de les faire réaliser sur le terrain afin d’intéresser ce monde économique à venir s’implanter dans notre wilaya? Mostaganem est connue pour être une ville à prédominance agricole, touristique, et de pêche. Mais posons-nous la question, qu’a-t-on fait pour booster l’économie de ces niches dans notre wilaya depuis l’ouverture économique? Faisons ensemble un diagnostic sommaire pour réveiller nos consciences. Au niveau agricole: l’agriculture continue à être dominée par des méthodes culturales traditionnelles et conventionnelles malgré des aides substantielles de l’Etat, l’agroalimentaire pourvoyeur de mains d’œuvres se limite à des minoteries et des biscuiteries et rien d’autre. Une chambre de l’agriculture qui n’arrive pas faute de moyens à sortir les agriculteurs des sentiers, elle n’accompagne pas les préoccupations des fellahs toutes filières confondues. Elle se confond dans l’administration plutôt qu’une ONG citoyenne. Sa gestion reste figée par une administration trop centralisée rigide, normative et bureaucratique. Tout récemment, le Ministre de l’agriculture les a bousculés pour qu’ils sortent de leur bureau, idem pour les directeurs du secteur. Cela démontre que ce secteur souffre encore d’une léthargie humaine. Au niveau touristique: Le produit se concentre sur le balnéaire sans aucune autre politique pour combler la basse saison, créant un manque à gagner chez les investisseurs en hôtellerie, qui manquent chez la plupart d’entre eux de professionnalisme. Il n’existe pas à ce jour une nomenclature visant à faire découvrir d’autres produits touristiques à vocation culturelle, cultuelle, historique et archéologique, pourtant il existe une floraison d’atouts. Les agences de voyage délaissent le côté touristique, ils préfèrent vendre de la billetterie. Même dans le balnéaire ses propres sous-produits font cruellement défaut. Les offices du tourisme sont inefficaces faute de moyens et ignorés par les APC qui ne leur donnent pas une importance. Les fantomatiques musées sont à l’abandon faute de classement et d’une prise en charge efficace. Les circuits touristiques font également défaut. Aucune formation de guides touristiques n’est envisagée. Le vieux bâti des quartiers (Derb, Tabana, Tidjdit) est en cours de requalification, il pourrait être une source de curiosité touristique comme produit à l’instar de la Casbah, et en même temps, une niche économique. L’artisanat stagne lui aussi, Mostaganem a perdu 14 métiers artisanaux allant de la dinanderie à la réalisation du l’oûd, et ce depuis la démolition du quartier du Derb en 1986. Comment faire pour les réhabiliter? Le touriste préfère dépenser son argent à Oran ou à Tlemcen faute d’autres attractivités de produits touristiques et artisanaux dans notre wilaya. Au niveau de la pêche, l’on continue à faire évoluer cette niche, dans le traditionnel, la plupart des ports de pêche sont envasés, le repos biologique n’est pas respecté, sans compter chez certains armateurs véreux qui utilisent de la dynamite rendant stérile la flore et la faune des sites touchés pendant des décennies, ainsi que la pêche avec des filets interdits. Il y a nécessité, selon le vœu des professionnels, de créer une zone d’activité au niveau de la pêcherie uniquement consacrée à l’activité de la pêche où l’armateur, l’importateur, l’exportateur trouveront sur place aussi bien les services chargés de lui faciliter la tâche (douane), et autres services indispensables pour le fonctionnement optimal de leurs activités (hangars). Au lieu de cela, il est programmé un chapelet de projets de restaurants au sein même de la pêcherie. L’aquaculture et la pisciculture sont aujourd’hui des pôles économiques qui doivent compter avec la pêche traditionnelle, hélas l’accompagnement de la part des autorités est timide voire contraignant qui font fuir des investisseurs potentiels. Il était convenu de faire réaliser en 2018 par l’agence foncière, des mini zones d’activités au niveau des communes, une fois les projets lancés, ils furent annulés sine die par le président du conseil d’administration de cette agence. Allez savoir!!! Moralité, les responsables décideurs auront-ils les coudées franches pour se lancer dans la promotion de l’innovation de l’entrepreneuriat ? Seront-ils capables de bâtir ensemble le pacte de croissance dans notre wilaya ? Le cas contraire, si d’ici 2022 le statu quo sera de mise, le déclin dans notre wilaya serait irréversible quel que soit le wali qui sera missionné.

À propos Mohamed Krelifa

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