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Du blé en abondance!

Depuis que la Russie ait autorisé les exportations de blé et de céréales ukrainiens, le prix de la céréale pour une livraison en mars 2023 a même touché les 300 euros la tonne sur Euronext, la place boursière de référence en Europe. C’est une première depuis mars. La situation est presque identique sur l’autre place boursière de référence, le marché américain de Chicago, relaie RFI. Les céréales européennes évoluaient de nouveau en territoire négatif vendredi à la mi-séance sur Euronext. Les craintes de récession ont en effet repris de l’ampleur ces derniers jours, compte tenu des discours pessimistes des banques centrales américaines et européennes, selon l’AFP. Les récentes précipitations en Argentine ont par ailleurs permis une accélération des semis de maïs et de soja. Les retards de travaux restent toutefois notables, tandis que l’avancée des récoltes de blé confirme un potentiel de production argentin extrêmement bas, reprend «Terre Net». Stratégie Grains annonce en revanche une récolte européenne de blé tendre à 128,7 Mt en 2023, contre 125,5 Mt enregistrées lors de la précédente récolte. La production du maïs bondirait quant à elle de 13,2 Mt, à 63,7 Mt. Si la météo et la géopolitique restent les boussoles du marché, le cours du blé a été «très influencé par les considérations macroéconomiques et les mouvements des fonds d’investissement, explique Sébastien Poncelet, spécialiste des céréales au cabinet Agritel à l’AFP. Le prix du pétrole, rappelle-t-il, est le «thermomètre de l’appétit des financiers», et a une forte influence sur le cours du blé. En se stabilisant autour de 70 dollars le baril (75,85 dollars US à New York) mercredi, il limite la baisse de prix de cette céréale. La demande internationale en blé s’accélère, dans un marché «plutôt bien équilibré» selon l’analyste. La France ne réduit pas la cadence et continue d’exporter vers la Chine ou vers certains pays d’Afrique qui ne peuvent réduire leur approvisionnement quel que soit le prix. Malgré l’influence de ces facteurs macroéconomiques, le corridor en Mer Noire continue de jouer un rôle «clé dans l’équilibre du marché» des céréales, estime Sébastien Poncelet. Le blé américain, en revanche, a du mal à trouver des acheteurs. Les Etats-Unis fustigent «les offres faibles et agressives sur le marché mondial de la Russie», qui dispose d’une récolte exceptionnelle, et «cherche des liquidités pour financer la guerre», souligne Jack Scoville de Price Futures Group. Selon lui, la demande de maïs américain n’arrive pas à décoller elle non plus, face à la concurrence de l’Amérique du Sud qui dispose de «bien meilleures récoltes». Le cabinet d’analyse agricole russe Ikar envisage désormais une récolte record de blé en Russie l’an prochain. Il prévoit onze millions de tonnes de plus que cette année. De quoi ajouter encore de la pression sur le marché. Les traders anticipent donc une offre toujours abondante pour 2023.

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