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DOUNIA: La singularité du CORPS PSYCHIQUE

Pour lutter contre l’abjection de la crise multi-dimensionnelle Tahar Djaout dont Zoubida qui fut une lectrice attentive, dira dans le roman les Vigile : Ce qui est effrayant chez cette nouvelle génération de dévots zélés, c’est sa négation même de toute joie, son refus de toute opinion différente, son rêve de soumettre le monde aux rigueurs d’un dogme inflexible. La trame narrative de l’autrice, ne pouvait pas faire abstraction de l’atomisation du corps social qui plonge la politique langagière dans une forme de «glottopocide». Cette mise à mort des langues est réfractaire à la subjectivité, dans cette lignée le lecteur sera séduit par le nombre d’exemples qui vise à affronter l’abîme en dénouant cette spoliation subjective. Cet aspect laisse entrevoir la jouissance mortifère qui accompagne le chuchotement de la langue maternelle. Outre l’aspect de «politique du meurtre» qui caractérise le lien social en Algérie, Zoubida dénonce avec raison et vigueur le refus du féminin qui plonge sa racine dans un atavisme étouffant le désir. De fait, l’homme refoule sa féminité, cette question mérite un long développement. Dans ce cas de figure, la violence est la preuve éclatante que la sexualité est à l’œuvre dans les rapports sociaux. L’énonciation de cet impératif «surmoïque» fera inscrire l’angoisse du masculin dans le droit fil du discours habituel qui se caractérise par le corset rigide d’une tradition patriarcale toujours aux aguets. De ce fait, hostilité et violence seront vite chargées de haine à l’encontre de celles qui contrarient la suprématie masculine. En fournissant un schéma clair sur la conflictualité psychique liée à la violence familiale, il s’agit de recentrer en fait les préoccupations du bâillonnement de la liberté individuelle, en faisant référence au lien social. A cet égard, le personnage Dounia tente de révolutionner l’idée de conservation sur beaucoup de sujets. Dans la trame narrative, il s’agissait de promouvoir le principe de singularité en la reliant avec la capacité de s’individuer, même si à travers l’histoire racontée je n’ai pas pu déceler la différence entre singularité et individualité, nonobstant l’instance psychique était constamment présente. Pour faire travailler le corps psychique de la narration, il n’a pas manqué de voir les formations de l’inconscient dans la narration « peupler » la vie quotidienne des personnages. Dans cette optique, je pourrai dire que les manifestations de la division subjective, sont déterminées par cette altérité intime dont on ne peut pas se séparer et qui est «omniprésente quel que soit le propos qu’on tient et quoi qu’on fasse». Elle colle à la peau et pour croire qu’on peut s’en débarrasser on construit un symptôme qui peut utiliser le corps ( soma comme dans l’hystérie) ou la pensée / l’intellect comme dans la névrose obsessionnelle). «Tout symptôme subjectif est un compromis qui vise à exclure la surdétermination de l’inconscient et à se donner l’illusion de s’en libérer.» L’écriture de l’écrivaine tente de prendre appui sur une connaissance précise de la réalité historique avec toutes ses contradictions, condition d’une « espérance éclairée » (Bloch) reposant sur la distinction entre «possibilité réelle et nécessité réelle». Enfin, l’écriture de cette histoire inscrit son fondement dans une dynamique subjective, ce cri émancipateur ne peut que valoriser le conatus au sens de Spinoza pour revitaliser un lien social déliquescent.

À propos Adnan H.

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