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«Djamila Boupacha a été torturée et violée» par l’armée coloniale. Les aveux de Macron

La France officielle reconnaît la torture de son armée coloniale, sans la condamner. Et c’est bizarrement et aussi étrangement à cet éternel «jeu de mots» auquel continuent de prêter les pouvoirs politiques français actuels sur le sujet non moins délicat et le tabou des viols des anciens tortionnaires coloniaux sur les femmes de la révolution algérienne, à chaque fois que l’occasion leur ait donnée. A demi mot ou à demi teinte, les aveux et déclarations officielles en France sur certains crimes commis pendant la colonisation de l’Algérie, ont toujours suscité ires et entretenu par-là même des amalgames. Il y a des choses qu’on ne peut pas dire, ni écrire, encore moins effacer de la mémoire d’une femme militante ou combattante durant la guerre de libération nationale (1954-1962). Et les viols, surtout durant la guerre d’Algérie, ont jusqu’à présent constitué un tabou dur à lever et à dénoncer tant par les auteurs que par les femmes victimes. Très peu de choses ont été dites sur les viols qui sont une extrême punition de la torture contre la femme révolutionnaire. Il s’agit d’une chose terrible enfouie par les femmes de la révolution encore vivantes. Elle déchire inlassablement jusqu’ici l’esprit de toutes ces vaillantes femmes et tous ces hommes qui ont plaidé pour la cause juste algérienne, s’appelle «torture», une bien vilaine méthode de l’armée coloniale française, utilisée pour humilier ou arracher les aveux. Ce qui rend indéniablement très complexe l’écriture des aveux sur la torture et les viols sur les femmes combattantes et militantes durant la Guerre d’Algérie. Ceci dit, hormis les aveux d’avocats et historiens et les Moudjahiddines côté algérien et quelques rares travaux de recherche d’historiens en France, aucune reconnaissance ou condamnation jusqu’ici de la France officielle sur l’usage de la torture et les viols contre les femmes durant la Guerre d’Algérie et il aura fallu attendre 2023 pour voir dénouer le «bout de tunnel» qu’espéraient voir depuis les femmes militantes et combattantes algériennes qu’elles soient encore de cette vie ou décédées. Larbi Benmhidi, Djamila Bouhired, l’avocat Ali Boumenjel, Maurice Audin, Louisa Ighilahriz ou encore la moujahida Djamila Boupacha … la liste est encore longue de militants, militantes, combattants et combattantes algériens passés effroyablement sous la torture. Voilà que le président français, Emmanuel Macron, reconnaît l’existence du procédé macabre de la torture de l’armée coloniale, ce crime contre l’humanité mais sans pour autant le condamner ou le désapprouver officiellement car entre reconnaître et condamner il y a forcément nuance. Le président Macron a reconnu, mercredi 8 mars, à l’occasion d’un hommage rendu, à Paris, à la militante et avocate, Gisèle Halimi, les atrocités commises par l’armée coloniale française contre le moudjahida Djamila Boupacha. Macron a mis en avant l’engagement de l’avocate, Gisèle Halimi, en faveur des combattants algériens et en particulier la défense de la militante et moudjahida, Djamila Boupacha, condamnée à mort en 1960. Et d’ajouter que «l’humiliation, la torture et le viol l’avaient accablée (en parlant de Djamila Boupacha) et que c’est grâce à l’intervention de Gisèle Halimi qu’elle avait été transférée en France, avant d’être graciée après les accords d’Evian, en 1962». En effet, aux côtés de Simone de Beauvoir, Gisèle Halimi avait réussi à médiatiser l’affaire, en révélant au grand jour, les méthodes de l’armée française au moment de la guerre d’Algérie. Djamila Boupacha avait été accusée de tentative d’assassinat, pour avoir déposé une bombe dans un café à Alger. Elle avait reconnu les faits sous la torture et le viol des soldats français. Il est à rappeler que le président français, Emmanuel Macron, avait déjà reconnu, il y a quelques mois, la responsabilité de l’armée coloniale française dans l’assassinat de l’avocat, Ali Boumendjel, ainsi que dans la disparition du mathématicien et militant de la cause algérienne, Maurice Audin. La moudjahida, Djamila Boupacha, née le 9 février 1938 à Bologhine, est une militante du FLN, arrêtée en 1960 pour une tentative d’attentat à Alger. Ses aveux obtenus par le viol et la torture qui ont donné lieu à un jugement transformé, à l’initiative de Gisèle Halimi et de Simone de Beauvoir, en procès médiatique des méthodes de l’armée française en Algérie française. Djamila Boupacha a été amnistiée dans le cadre des accords d’Évian et finalement libérée le 21 avril 1962 (ordonnance de non-lieu le 7 mai 1962). C’est en 1953, à 15 ans, qu’elle s’engageait en politique en rejoignant l’Union démocratique du manifeste algérien (UDMA) de Ferhat Abbas, puis le Front de libération nationale (FLN) en 1955. Notons que pendant la guerre d’Algérie, elle portait le nom de guerre : Khelida.

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