Accueil » ACTUALITE » Des milliers de manifestants à Paris pour fustiger la Loi immigration. «Tournant dangereux dans l’histoire de la France»

Des milliers de manifestants à Paris pour fustiger la Loi immigration. «Tournant dangereux dans l’histoire de la France»

Quand l’extrême droite éternue, c’est toute la France qui s’en émeut. C’est un peu la caricature d’un front social en France qui est en ébullition depuis la sortie, dans de mauvais jours, d’un texte référentiel abrogeant l’ancienne loi sur l’immigration de 1968 accordant aux ressortissants étrangers, particulièrement les Algériens, quelques privilèges. Des milliers de manifestants sont descendus à Paris et dans d’autres villes françaises pour dénoncer la nouvelle loi sur l’immigration, en attente de promulgation. Cette manifestation est intervenue suite à l’appel lancé par 201 personnalités du monde syndical, associatif et politique français. Le but est de contester les dispositions controversées du texte de loi adopté, rappelons-le, le 19 décembre 2023. Au cortège parisien, figuraient le patron de « Médiapart » Edwy Plenel, la Secrétaire générale de la Confédération générale du travail (CGT), Sophie Binet, ou encore l’ancien ministre de la Justice et ex-défenseur des droits, Jacques Toubon. Ce texte sur l’immigration est considéré comme une rupture avec les principes sur lesquels reposaient les fondements de la République Française. Une coupure totale par rapport aux anciennes Républiques mais qui interpelle à certains questionnements, ce qui est un précédent. “Cette loi, c’est une rupture avec les principes français depuis 1789 pour le droit du sol et depuis 1945 pour l’universalité de la protection sociale”, a ainsi dénoncé la Secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet. Cette dernière a appelé à la mobilisation des troupes avec son homologue de la CFDT, Marylise Léon. La gauche n’a pas été en reste puisqu’on y a remarqué également Manon Aubry (LFI), Marine Tondelier (Écologiste), Olivier Faure (PS) et Fabien Roussel (PCF). Un «exécutif» qui a ouvert le pont-levis aux idées de l’extrême droite, selon Olivier Faure, le patron du PS. Dans leur appel à manifester, relayé par l’Humanité et Médiapart, les personnalités, à l’origine de la contestation, ont parlé « d’un tournant dangereux dans l’histoire de la République». Ils estiment que cette loi «a été rédigée sous la dictée des marchands de haine qui rêvent d’imposer à la France leur projet de préférence nationale ». Une loi qui torpille les piliers porteurs de notre pacte républicain, hérité du Conseil national de la Résistance, s’attaque ainsi au droit du sol autant qu’aux droits fondamentaux proclamés par la Constitution: au travail, à l’éducation, au logement, à la santé, poursuivent les signataires. Ils appellent par ailleurs le président Emmanuel Macron à ne pas promulguer cette loi. C’est l’état d’alerte dans toute la France où jamais ou presque auparavant, ce pays n’avait enregistré pareille manifestation et pareille désinvolture à l’égard d’un texte de loi. Pas moins de 166 manifestations ont été organisées dans 95 départements sur toute la journée de dimanche. La nouvelle loi baptisée « asile et immigration » a été largement adoptée à l’Assemblée nationale le 17 décembre avec 349 voix favorables et 186 voix contre. Plus tôt, le texte de loi adopté en commission mixte paritaire (CMP) avait également été plébiscité par le Sénat avec 214 voix pour et 114 voix contre. Alors pourquoi tant de contestation sur un texte qui a essuyé un plébiscite au Parlement français? Même si le Conseil constitutionnel doit rendre sa décision le 25 janvier courant et énoncer les éventuelles dispositions qu’il juge contraires à la Constitution, la peur semble d’ores et déjà s’installer sur les futurs migrants en France mais aussi chez les migrants sans travail officialisé ou encore sans papiers préalablement régularisés. Dans l’ensemble, la loi sur l’immigration, adoptée le 19 décembre, présente des mesures significatives touchant divers aspects de la vie des étrangers en France. Côté allocations familiales et l’aide personnalisée au logement (APL), la durée minimale de résidence en France pour les étrangers non européens en situation régulière a fait l’objet de négociations. Un compromis a été trouvé, établissant des délais différenciés allant de 30 mois à trois mois seulement, en fonction de l’emploi. Les régularisations de travailleurs sans-papiers, quant à elles, seront soumises à un pouvoir discrétionnaire des préfets. Un titre de séjour d’un an sera délivré au cas par cas, avec la condition de justifier d’une résidence de trois ans et une activité salariée de 12 mois sur les 24 derniers, cette mesure étant limitée jusqu’à fin 2026. L’introduction de « quotas » par le Parlement pour limiter le nombre d’étrangers admis sur le territoire pour les trois prochaines années, bien que controversée, a été incluse, accompagnée d’un débat annuel sur l’immigration au Parlement. D’autres points clés comprennent la déchéance de nationalité pour les binationaux condamnés, des modifications du droit du sol exigeant une demande entre 16 et 18 ans, la réintroduction du « délit de séjour irrégulier » assorti d’une peine d’amende et le maintien de l’interdiction de placer des étrangers mineurs en rétention. Les conditions du regroupement familial sont renforcées, imposant une durée de séjour de 24 mois, des ressources stables et une assurance maladie, avec un âge minimal du conjoint fixé à 21 ans. De plus, une caution est instaurée pour les étrangers demandant un titre de séjour « étudiant », sauf dans certains cas particuliers.

À propos B.Kamel

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*

x

Check Also

Politique de meurtre, arrestation arbitraire, torture, déplacement forcé et génocide. Les enfants palestiniens, premières victimes de l’horreur

Désormais chaque enfant palestinien où ...

7ème Sommet des chefs d’Etat et de Gouvernement du Forum des pays exportateurs de gaz (GECF). A la recherche d’une vision commune

Quel avenir pour le gaz ...

Unité de production de MTBE d’Arzew. Projet stratégique d’autosuffisance

L’essence au plomb c’est bien ...

L’Algérie veut renforcer sa sécurité numérique. Cybersécurité : le rempart

Quelle stratégie à adopter pour ...

7.000 enfants ont perdu leurs familles et 1,2 million de personnes souffrent de traumatismes psychologiques. Le monde a abandonné Ghaza

L’étau se resserre de plus ...