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FILE PHOTO: Haiti's President Jovenel Moise and first lady Martine attend a ceremony at a memorial for the tenth anniversary of the January 12, 2010 earthquake, in Titanyen, Haiti, January 12, 2020. REUTERS/Andres Martinez Casares/File Photo

Déjà en crise avant l’assassinat de son président. Qui pour diriger Haïti

Un Premier ministre en partance qui déclare l’état de siège, le président du Sénat désigné par huit de ses pairs pour assurer l’intérim : l’assassinat du président d’Haïti mercredi a aggravé la crise institutionnelle dans laquelle était déjà plongé ce pays pauvre des Caraïbes depuis des mois. Le pouvoir exécutif haïtien brutalement affaibli par le meurtre du chef de l’Etat a mis les deux autres – législatif et judiciaire – à l’épreuve. Jovenel Moïse n’ayant pas organisé d’élections depuis son arrivée au pouvoir en 2017, les mandats des parlementaires haïtiens sont arrivés à expiration sans que leurs successeurs ne soient désignés. Haïti ne compte donc plus, depuis janvier 2020 et la fin du mandat des députés et de la majorité des sénateurs, que dix représentants nationaux élus, soit le tiers du Sénat. Et le pouvoir judiciaire n’est pas beaucoup mieux loti: l’administration de Jovenel Moïse n’a pas non plus proposé de juges pour remplacer les membres du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire dont les mandats de trois ans arrivaient à leur terme, laissant un Conseil aux rangs dégarnis et dont le président est décédé du Covid-19 ? en juin. «En ce qui a trait à la Constitution, il n’y a pas de possibilité de trouver une solution (à la crise politique actuelle) car Jovenel Moïse et son équipe avaient bien pris le soin de démanteler toutes les institutions. Que l’on se tourne vers le Parlement ou l’appareil judiciaire, il n’y a rien », résume Marie Rosy Auguste Ducena, avocate pour le Réseau national de défense des droits humains. Quelques heures après l’assassinat, Claude Joseph, Premier ministre depuis avril, s’est déclaré en charge des affaires courantes, en déclarant notamment l’état de siège dans le pays pour 15 jours, disposition qui renforce les pouvoirs de l’exécutif. «La Constitution est claire. Je dois organiser des élections et transmettre le pouvoir à quelqu’un d’autre qui ait été élu», a-t-il par ailleurs déclaré lors d’un entretien diffusé ce samedi sur la chaîne américaine CNN. En Haïti, la Constitution prévoit certes que le Premier ministre assure l’intérim en cas d’empêchement du président, mais Jovenel Moïse avait nommé deux jours avant sa mort un nouveau chef de gouvernement, Ariel Henry. Cette nomination, enregistrée lundi au Journal officiel, a conduit certains observateurs à remettre en question la légitimité de Claude Joseph. Dans ce contexte, huit des dix sénateurs encore en fonction ont signé vendredi soir une résolution offrant au président du Sénat, Joseph Lambert, le titre de président provisoire de la République. « On ne peut pas nier que les dix sénateurs sont les dix seuls élus restants mais il est évident qu’ils ne sont pas représentatifs de la population », critique la militante Emmanuela Douyon. Et la personnalité de Joseph Lambert, un politicien expérimenté, est loin de faire l’unanimité en Haïti, où il a « toujours été décrié », selon Marie Rosy Auguste Ducena.

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