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De l’Islam en France à l’Islam de France

Depuis quelques années, l’islam est devenu un enjeu électoral majeur. Tantôt pour mettre en garde contre l’islamisation de la France, tantôt pour séduire et capter le vote des musulmans.

                                                      Entre islamisme et islamophobie

Ils sont pourtant nombreux ceux qui pratiquent un islam populaire, c’est à dire un islam instinctif, naturel, humain. Une religion de sociabilité, fraternité tolérance. Un islam qui n’est porté que dans les cœurs. Malgré leur majorité, les médias français ont fait le choix pour parler des musulmans de mettre en avant un islamiste convaincu comme Tariq Ramadan, où pour les ridiculiser un imam comme Hassan Chelghoumi. Désormais l’hostilité envers les Musulmans n’est plus l’apanage de l’extrême droite. Depuis que la France a été frappée par plusieurs attentats terroristes, les tensions montent en France. Et la population musulmane est souvent la cible de discriminations, de racisme, voire d’agressions. En France, la religion est une source de discrimination. Positive pour les catholiques, négative pour les musulmans, écrit Pierre Cahuc. Ne pas le reconnaître et refuser d’en faire une priorité politique ne peut que favoriser un repli communautaire. Selon une étude récente réalisée pour la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT, 42 % des musulmans vivants en France affirment avoir été victimes d’une discrimination liée à leur religion. Cette proportion atteint 44% pour les femmes qui ne portent jamais le voile et 60% pour celle qui le portent souvent.

                                         «Un islam libéré des influences étrangères»

E. Macron, a prononcé ce vendredi 2 octobre, depuis l’hôtel de ville des Mureaux (Yvelines) , son discours de projet de loi contre «le séparatisme islamique». Le chef de l’Etat, en voulant éviter deux pièges, celui de l’amalgame et celui de procès en laxisme. Il s’est attiré des critiques des deux côtés de l’échiquier politique. A gauche et dans le monde associatif, son discours est vu comme un discours contre les musulmans : Jean-Luc Mélenchon, en déplacement dans le Doubs a préféré dénoncer l’absence d’Emmanuel Macron au sommet européen, accusant le président d’être « trop occupé par le discours contre les musulmans ». De son côté, Manon Aubry, eurodéputée de la France insoumise, dans un tweet, a vilipendé Emmanuel Macron pour n’avoir «parlé que d’islam, de manière obsessionnelle. Stigmatiser les musulmans, voici son unique solution pour tenter de masquer sa gestion calamiteuse de la crise sanitaire et sociale. Révoltant!». Pour Sandra Regol, porte-parole d’Europe Écologie Les Verts, le président est coupable de ne pas s’attaquer au «vrai séparatisme», celui d’un Eric Zemmour qui « bafoue la loi tous les jours à l’antenne ». Dans l’opposition de droite, les critiques sont plus modérées: ainsi le président de la région des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, reconnaît que « nommer le problème est une étape essentielle », en indiquant attendre de juger « le projet de loi et aussi la sévérité de l’application de loi – rien que la loi – partout sur les territoires de la République. » Bruno Retailleau, sénateur Les Républicains, estime, lui, que « face à l’islam politique, cela ne suffira pas. » Même s’il salue « quelques mesures allant dans le bon sens ». La surprise vient du RN. Le Rassemblement national parti de Marine Le pen a adopté dans son communiqué un ton inhabituellement clément envers Emmanuel Macron. « Le président de la République semble enfin avoir pris conscience du danger que fait peser l’islamisme radical sur notre pays ». Le RN estime toutefois que « des pans entiers de la menace islamiste [soient] occultés ou minimisés », tels que « l’immigration massive qui est le terreau du communautarisme » ou l’interdiction du salafisme et de l’idéologie des Frères musulmans, jugée nécessaire.

Des nouvelles mesures

E. Macron veut stabiliser la gouvernance des mosquées et former en France des imams «qui défendent un islam pleinement compatible avec les valeurs de la république». Le locataire de l’Elysée a toutefois pris soin de souligner que cette offensive ne visait pas à «stigmatiser» l’ensemble des musulmans: « L’ensemble de la stratégie de lutte contre le séparatisme vise à protéger les musulmans puisqu’ils sont les principales victimes de l’islamisme» a-t-il déclaré. Le président de la république a proposé une réorganisation de fond des institutions de l’islam en France. Le système des imams détachés sera abandonné, c’est à dire les imams consulaires aux nombres de 300 avec lesquels l’État français a passé des accords et qui exercent sur quelques 2500 mosquées : l’Algérie, (120), la Turquie (130), le Maroc (30). Cet abandon sera effectif au terme de leur contrat. Les associations gestionnaires de mosquées seront placées sous le régime juridique institué par la loi 1905 pour mieux contrôler le plan des financements venant de l’étranger.
La formation en France des imams est remis au CFCM, sur lequel le chef de l’État a promis de faire peser « une pression immense», il a donné 6 mois au CFCM pour organiser une labellisation des formations et une certification des imams. Reste à savoir qui financera les formations.

 

À propos Taoufik Rouabhi

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