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De la friche foncière

En jalonnant les quartiers d’Oran, l’on pourrait remarquer ces gigantesques hangars fermés et exposés aux différents aléas du climat et de l’abandon. Ce sont, au fait, d’anciens entrepôts ou d’anciennes fabriques héritées de l’époque coloniale. Ensuite, ces grands espaces fonciers ont été récupérés par les sociétés nationales de l’époque de l’Algérie socialiste. Puis vint «le reniement» à l’option socialiste irréversible. L’on savait pas quoi faire avec ces infrastructures qui sont devenues des objets de convoitise entre les rapaces de la ville (appelés des investisseurs dans le langage officiel) …Et les pouvoirs publics se sont montrés, cette fois-ci, plus résistants face aux pressions des gangs, faisant tout pour une acquisition de ces terrains à l’endroit idéal, au dinar symbolique … début des années deux mille, l’on avait procédé à un recensement général de ces infrastructures au coût de l’or. Effectivement, ce recensement a eu lieu et a été, en plus, sanctionné par un volumineux dossier contenant le moindre détail sur ce patrimoine foncier laissé pour compte. Seulement, ce joli travail n’a connu aucun aboutissement réel …Cette affaire est retombée, encore une fois, dans l’oubli, dès que le wali qui avait ordonné cette enquête a été muté ailleurs. Ce qui se passe à Oran, se passe ailleurs, même avec un petit changement du ton musical. C’est la même mentalité administrative et les mêmes réflexes de gestion qui règnent partout. Et ces réflexes vont continuer à gérer notre quotidien et notre patrimoine tant que l’Etat de droit et l’autorité de l’Etat resteront de simples concepts théoriques. Acquérir un terrain de quatre ou cinq milles mètres carrés au dinar symbolique, justifié par un dossier bidon, pour un réel investissement. Mais, en réalité ce terrain va être morcelé pour qu’il soit revendu sous forme de lots à bâtir qui va aboutir à un revenu net de quelques bons milliards de centimes …y aurait-il, de ce fait, une poule aussi pondeuse d’or, que celle-ci? Absolument jamais! Tant que l’Etat continuera à se montrer incapable de repousser l’influence macabre des gangs dans un coin isolé, où ils resteront sans effet réel, tous les efforts consentis en vue de rendre l’Etat Algérien plus performant et le citoyen algérien plus à l’aise, vont finir dans l’incertain… on appelle ça dans notre jargon, conserver de l’eau dans un fût troué. Voyez-vous bien, que la question du foncier industriel ou tout autre genre de foncier n’est pas forcement le problème en lui même, mais les conséquences logiques à d’autres impasses, notamment la tragique impuissance de l’Etat face à ses redoutables gangs…

À propos Abdelkader Benabdellah

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