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Commission d’historiens Algéro-française. Vers la «valorisation» des tombes d’Algériens morts en France

Détenus et insurgés algériens enterrés ou exécutés en France durant la Guerre d’Algérie, combien sont-ils ? Quel bilan humain de la colonisation de la France de l’Algérie ? Sans nul doute, la répression en France contres des civiles et détenus algériens durant la période coloniale et particulièrement durant la guerre d’Algérie aura défrayé la chronique et incite à d’intenses recherches pour établir les autres vérités sur une période noire restée depuis douloureuse à supporter par la mémoire. Selon les anales, les algériens de Montluc ont été les plus nombreux à subir cette répression sanglante durant la guerre d’Algérie. 76 d’entre eux étaient des détenus condamnés à mort du 12 novembre 1958 à mars 1962. Que sont-ils devenu depuis ? Il s’agit d’un pan du fort de la crise de séparation de mémoire dont seront victimes ces détenus et d’ailleurs des centaines d’algériens morts avant ou lors de la Guerre d’Algérie depuis le début de la colonisation en 1830. Depuis l’annonce entre Alger et Paris de la poursuite des discussions et de consultations autour du sujet de la mémoire et la création décidée à l’issue de la visite officielle et d’amitié d’Emmanuelle Macron en Algérie du 25 au 27 août 2022, le ballets diplomatiques de responsables des deux pays sont incessants de même que la préparation de la prochaine visite du président de la République Abdelmajid Tebboune en France dans le cadre de la réciprocité, sur invitation de son homologue francais. Les deux pays s’attellent, en effet, à défraîchir le terrain et baliser la voie vers la concrétisation dans de bonnes conditions de la visite tant attendue par la communauté algérienne établie en France du président algérien à l’Hexagone. Parmi les volets importants en concertation bilatérale, il y a donc celui de la mémoire sur lequel d’ailleurs l’Algérie insiste beaucoup afin de réhabiliter la véritable histoire et de la mémoire durant la guerre d’Algérie. Du nouveau donc dans ce chapitre. Du pain sur la planche attend ce faisant cette commission qui devra éventuellement plancher également sur les cas des détenus algériens morts ou exécutés durant les années 1840. Il s’agit d’un processus continu en cours de réhabilitation de la mémoire après que l’Algérie ait procédé au rapatriement il y a quelques années de crânes d’anciens combattants durant la glorieuse résistance algérienne. À l’issue de sa quatrième réunion, cette semaine en France, la commission co-présidée par les chercheurs algérien Mohamed Lahcen Zighidi et le français Benjamin Stora dit notamment s’être «entendue» pour «poursuivre l’identification et la recension des cimetières, des tombes et des noms des détenus algériens du XIXe siècle décédés et enterrés en France», dans une déclaration à l’AFP. Les historiens appellent à «valoriser ces lieux de mémoire par l’apposition de plaques commémoratives» dans une «douzaine de lieux» allant de Toulon (Sud-Est) à Pau (Sud-Ouest) en passant par la Corse, la Nouvelle-Calédonie ou la Guyane. Au début de la colonisation (1830-1962), de nombreux Algériens ont été internés par la France, qui cherchait ainsi «à asseoir son pouvoir colonial», a précisé à l’AFP Benjamin Stora. Ces insurgés ont été notamment emprisonnés dans des bagnes, à Cayenne (Guyane) ou sur l’île de Sainte-Marguerite, au large de Cannes, où 3000 à 4000 Algériens ont été internés entre 1841 et 1884. Interrogé sur une possible opposition à la mise en valeur de ces lieux, Benjamin Stora n’a pas exclu un tel scénario mais a appelé à aller de l’avant. «Cela arrivera peut-être mais on ne peut pas s’arrêter à ça, ou sinon on ne fait rien», a-t-il dit. Dans leur déclaration, les dix historiens algériens et français proposent parallèlement de finaliser la numérisation des registres des cimetières en Algérie où des Français sont enterrés. Ils réaffirment également les propositions formulées lors de leurs trois précédentes rencontres, dont la restitution d’archives de l’Algérie de l’époque ottomane et celle de «biens symboliques» ayant appartenu à l’émir Abdelkader, dont son épée et son Coran, exilé entre 1848 et 1852 à Amboise. Ces restitutions doivent toutefois être validées par la France et sont «complexes», certains des biens étant détenus par des acteurs privés, a précisé Benjamin Stora. Cette commission mixte, créée en août 2022 par les présidents algérien Abdelmadjid Tebboune et français Emmanuel Macron a pour tâche de «travailler sur l’histoire de l’Algérie contemporaine, pour mieux se comprendre et réconcilier les mémoires blessées», selon l’Élysée.

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