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Commémoration du 29ème anniversaire de la mort de l’ancien président. Boudiaf: le patriote assassiné

L’homme qui avait sauvé le pays d’une guerre civile, a été froidement assassiné, un certain 29 juin 1992, après son retour au pays natal, suite à un exil forcé de 30 années qu’il avait passé au Maroc. Que devient, aujourd’hui, la Fondation dont le siège situé au quartier d’El Biar à Alger, était présidée par son épouse, pour perpétuer sa mémoire? En effet, en date du 29 juin 1992, un attentat avait ciblé l’ex-président du HCE, Mohamed Boudiaf, alors qu’il se trouvait à la Maison de la Culture de Annaba où il tenait un discours à la Nation. Un individu armé jusqu’aux dents a fait irruption dans la salle et a tiré à bout portant, l’achevant mortellement, sans aucun répit. Il tomba en martyr sous les balles assassines de l’ex-lieutenant du GIS, Boumaarafi Lambarek. L’ex-moudjahid qu’on venait d’assassiner, était venu de son exil où il était confiné à Marrakech, pour présider aux destinées de l’Algérie, secouée par l’arrêt du processus électoral, après la victoire de l’ex-FIS dissous aux législatives. Des émeutes populaires du 05 octobre 1988 à Alger avaient consacré le multipartisme en Algérie. S’en sont suivies des marches imposantes de démocrates, de l’ex-FIS et du FLN et la tenue du premier scrutin pluraliste depuis l’indépendance du pays. Après la victoire de l’ex-parti de Abassi Madani, suite au vote-sanction contre le FLN, l’ex-parti islamiste avait appelé à la grève générale illimitée, exigeant l’abrogation de la loi électorale, des législatives et la tenue des présidentielles anticipées. Après la démission de l’ex-président de la République, Chadli Bendjedid, devant le Conseil constitutionnel, l’arrestation des deux leaders de l’ex-FIS, la dissolution du Parlement, et la dissolution de l’Assemblée Nationale le 14 janvier 1992, fut créé le Haut Conseil de Sécurité le 14 janvier 1992. Le HCE était chargé de présider aux destinées du pays suffisamment laminé par ces événements d’une extrême gravité. Ce Haut Conseil de Sécurité devait baliser le terrain pour la nomination d’un président de la République en qualité d’intérimaire du président dont le mandat expirait en 1993 et dont Mohamed Boudiaf était président de ce HCE. Après 30 années passées en exil à gérer sa petite briqueterie au Maroc, feu Mohamed Boudiaf ne rechigna pas à répondre présent à l’appel du pays qui saigne pour panser ses blessures. Il sera convaincu de revenir au pays natal pour gérer cette période de grands bouleversements après l’arrêt du processus électoral et affirmera dès son arrivée  » qu’il ne remet pas en cause la reconnaissance du FIS à condition qu’il respecte le jeu démocratique ».Le 07 février 1992, de nouveaux affrontements sanglants s’étendaient sur la quasi totalité du territoire, faisant plusieurs morts et blessés. Le HCE proclama, devant ces événements sanglants, l’?tat d’urgence sur tout le territoire national, pour une durée de 12 mois avec l’ouverture de centres de sûreté dans le sud du pays. Après la dissolution de l’ex-FIS par la justice, le retrait d’agrément et la confirmation en appel pour la Cour suprême et l’ouverture à Ouargla du procès des 62 individus impliqués dans l’attaque du poste militaire de Guemmar, Mohamed Boudiaf était au four et moulin. Il devait notamment lutter contre la corruption qui a gangrené le pays sous le règne du parti unique par s’attaquer à l’affaire dite Hadj Bettou. Le 07 janvier 1992, feu Abdelhak Benhamouda, ex-SG de la Centrale syndicale et président du CNSA se rendit à Tizi-Ouzou et Boumerdes pour éclairer sur la mission de ce comité de sauvegarde de l’Algérie, après l’imposante marche du FFS à travers toutes les artères d’Alger. Feu Mohamed Boudiaf, qualifié de l’homme de ruptures, va devoir mettre de l’ordre dans ce pays en pleine déconfiture politique, née de la gestion totalitaire du duo FLN-FIS. Durant les 166 jours qu’il a vécus soit presque 06 mois de son retour en Algérie avant d’être assassiné, feu Mohamed Boudiaf était perçu, selon les Algériens qui commençaient à faire connaissance avec lui, comme un vrai patriote venu pour redresser la situation et rassembler les Algériens autour de son projet de Rassemblement Patriotique (RPN) après avoir promis que l’Algérie devrait retrouver son autorité, que les droits des citoyens et les libertés individuelles seraient respectées, et il faut que les Algériens retrouvent la confiance en eux-mêmes et en leur avenir. Mohamed Boudiaf était un réel patriote qui avait l’Algérie au coeur et qui était inspiré uniquement par «l’Algérie avant tout». « Bien avant cet odieux crime perpétré contre un chef d’Etat, feu Mohamed Boudiaf, et en un laps de temps record, avait décidé la création d’une commission ad hoc pour faire l’inventaire des biens injustement acquis par des partis politiques, des biens, meubles et immeubles appartenant à l’Etat et détenus par des organisations et Associations politiques et d’étudier les conditions de leur réintégration dans le patrimoine national. Il veilla ensuite à la redynamisation de l’appareil économique. Le 25 février 1992, le défunt qui présidait le Haut Comité d’Etat, avait décidé de mesures adéquates pour assurer la poursuite de l’exercice des missions dévolues précédemment au ministère des Droits de l’Homme pour la mise en place de l’Observatoire National des Droits de l’Homme. Selon les deux auteurs du livre  » Boudiaf, l’homme des ruptures », les deux auteurs de cette biographie, A.Guerfi et A.K.Chaib, ont illustré parfaitement son parcours de combattant venu à la rescousse de son pays et ont fait l’éloge de sa logique politique qui s’inscrivait dans un projet de rupture avec les pratiques,les méthodes et les hommes du passé, selon la préface de cet ouvrage, en hommage à feu Mohamed Boudiaf, circonscrivant ainsi un processus de restructuration politico- économique et un projet de société basé sur les conditions d’un retour à la légitimité populaire.

À propos NADIRA FOUDAD

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