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C’est comme si rien n’était

Chaque année, le bilan s’alourdit de nos enfants morts, lors des traversées de la mer, vers les pays de leurs rêves. Le phénomène s’est enraciné dans notre réalité quotidienne et dans nos esprits, au point où il n’est plus devenu une situation sociale grave, nécessitant des interventions, le plus vite possible, des responsables et de la société civile à tous les niveaux. L’essentiel dans tout ça, faudrait-il le rappeler, les pouvoirs publics auraient subi un cuisant échec, dans le traitement de ce dossier. Que le phénomène continue à sévir, en dépit de la pandémie et des difficultés périlleuses rencontrées lors de ces aventures aux conséquences à effets aléatoires, est un témoignage frappant que l’on n’a rien encore fait à ce sujet. Et, que l’on continue à proférer un discours démagogique, sans lendemain sur le tas. Le rôle de l’Etat, constitutionnellement parlant, consiste à protéger le citoyen de tout ce qu’il pourrait mettre en péril sa vie et son intégrité physique. Donc, les pouvoirs publics endossent toutes les responsabilités, politiques et morales au sujet de ces jeunes citoyens prenant des hauts risques pour atteindre d’autres contrées. L’Etat, normalement est là, et devrait y être, afin d’imposer sa volonté et son point de vue sur ce qui se passe. En principe, un jeune préférant prendre tous ces risques mettant sa vie en péril, afin d’aller vivre sous d’autres cieux, considérés par lui comme paradisiaques, manquait déjà de maturité et de responsabilité. Même si le pays gisant sous le poids insupportable des problèmes, un jeune responsable qui sait ce qu’il fait, fait toujours, appel à la sagesse et à son génie afin d’y trouver les solutions les plus ingénieuses… La preuve, c’est qu’il y a beaucoup de jeunes et d’adultes, hommes et femmes, qui ont fini par trouver les solutions les plus adéquates à leur détresse et qui ont réussi à passer du stade de l’errance au stade de la stabilité et la réussite. En Espagne, en Italie et en France, ce sont des propriétaires terriens et des entrepreneurs qui voient dans ces jeunes désespérés une main d’œuvre gratis. Les réseaux de passeurs internationaux et leurs agents locaux trouvent dans la Harga une source de revenus intarissables, très lucrative. D’autres jeunes sont captés par des gangs de trafiquants de drogue ou des groupuscules terroristes internationaux, puisque chez ces derniers, ça paye très bien. Des enquêtes journalistiques menées sur le sujet avancent des chiffres d’affaires faramineux, en milliards de dollars récoltés par ces malfaiteurs, agissant constamment dans une totale impunité. Cependant, l’on peut facilement constater que le problème ne se limite pas à l’existence d’une soi-disant «misère» poussant les jeunes à fuir l’enfer …

À propos Abdelkader Benabdellah

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