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Boudiaf: l’assassinat politique

Il y a 29 ans, il y a eu l’assassinat spectaculaire, honteux et crapuleux d’un homme hors pair. Un homme qui était venu, en se portant volontaire, dans l’intention de sauver le pays d’une satiation qui allait fortement le secouer. C’était le jour de l’assassinat, toujours mystérieux et continuellement ombrageux de Si Taieb El Watani, le nom de guerre de si Mohamed Boudiaf, le concepteur et le dirigeant de l‘historique réunion des 22. Cette rencontre de militants qui va donner le coup d’envoi à la grande guerre de libération. Pourquoi l’avait-on assassiné? Et bien, beaucoup de choses ont été dites, là-dessus, allant du très vraisemblable au particulièrement invraisemblable! Et entrer dans ces tortueuses dédales, va nous faire perdre du temps et de l’énergie. De toute façon, ceux qu’ils l’ont assassiné, n’ont jamais été inquiétés. Cela arrive, de toute façon, dans tous les meurtres politiques à l’odeur nauséabonde. C’est-à-dire de la trahison et des vils complots et des règlements de compte. Ceux qu’ils l’ont tué, sont considérés par d’autres catégories d’Algériens, comme les sauveurs de la patrie. De toute façon, je n’ai jamais partagé cette opinion infecte… 30 ans après, nous découvrirons qu’il s’agissait, tout simplement, d’une junte d’usurpateurs du pouvoir, ayant entraîné le pays dans la merde. Le prix était lourd et insupportable pour un pays rongé par les comportements antinationaux des groupuscules maffieux. Donc assassiner le leader révolutionnaire et le chef de l’Etat désigné, dans une situation de fragilité extrême par l’ensemble de la classe politique et des décideurs du pays, avait plusieurs messages à faire passer. Dorénavant, aucun «président» ne saurait dépasser les lignes rouges qui lui ont été tracées à l’avance. Les successeurs, semble-t-il, avaient bien compris le message des conjurateurs, notamment, le président Zeroual qui aurait préféré se sauver la peau indemne et ne pas entrer en conflit, déjà perdu à l’avance, contre une «omerta» sans foi ni loi. Son successeur, en bon connaisseur des jeux et des enjeux, avait, rappelle-t-on, sollicité la protection d’une puissance étrangère, sans quoi, il n’aurait jamais réussi à se maintenir trois mois sur son trône, redoré de jolis motifs d’un pouvoir presque absolu. Ainsi, ce tragique anniversaire de l’assassinat d’un homme qui s’est donné depuis son jeune âge au pays, bien que ce pays se soit montré, dès le début de l’indépendance, très ingrat envers lui. Mais, Dieu reconnaîtra bien les siens, Boudiaf est mort en chahid, au cours d’une noble mission. Celle de sauver un pays en butte à toutes sortes de déchirements.

À propos Abdelkader Benabdellah

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