Accueil » CHRONIQUE » Blé, l’alerte!

Blé, l’alerte!

L’Inde a interdit les exportations de blé sans l’approbation du gouvernement, samedi, après que son mois de mars le plus chaud ait atteint une production record, portant un coup aux pays sous le choc des pénuries d’approvisionnement et de la flambée des prix depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie. L’annonce a suscité de vives critiques de la part des ministres de l’agriculture des pays industrialisés du Groupe des Sept réunis en Allemagne, qui ont déclaré que de telles mesures “aggraveraient la crise” de la hausse des prix des matières premières. «Si tout le monde commence à imposer des restrictions à l’exportation ou à fermer des marchés, cela aggraverait la crise», a déclaré le ministre allemand de l’Agriculture, Cem Ozdemir, lors d’une conférence de presse à Stuttgart. Et pourtant, possédant d’importants stocks tampons, l’Inde s’est précédemment déclarée prête à aider à combler certaines des pénuries d’approvisionnement causées par la guerre en Ukraine. L’Inde a déclaré qu’elle prévoyait d’augmenter les exportations de blé de cet exercice financier, à compter du 1er avril, à 10 millions de tonnes contre sept millions de tonnes l’année précédente. La sécheresse menace les récoltes des céréales: la sécheresse. Dans certains grands pays producteurs comme l’Inde, le manque d’eau pourrait même amputer la production de 10% à 50% cette saison. Une conjoncture défavorable qui a conduit le ministère américain de l’Agriculture à anticiper une chute de la production mondiale en 2022, ce qui serait une première depuis 4 ans. La semaine passée, à Londres, les cours du blé ont atteint 348,65 livres sterling la tonne, un record, maintenant les prix des denrées alimentaires sous pression. Par ailleurs, près de 24 000 wagons chargés essentiellement de blé et d’huile sont bloqués aux frontières de l’Ukraine avec la Pologne, la Hongrie ou la Roumanie. Depuis le début de la guerre, 25 millions de tonnes de céréales attendent de pouvoir quitter le pays. «C’est un défi qui est véritablement gigantesque», a alerté vendredi 13 mai sur franceinfo, Adalbert Jahnz, porte-parole de la Commission européenne aux transports. Ces céréales, qui correspondent à la moitié de ce qui est stocké en Ukraine, «doivent quitter le pays avant la fin du mois de juillet, pour des raisons de sécurité alimentaire, des raisons économiques, mais surtout parce que la récolte arrive», explique Adalbert Jahnz. Il assure que la Commission européenne met tout en œuvre pour «coordonner les différents acteurs», comme «un grand puzzle», pour «sortir le maximum de ces céréales et oléagineux d’Ukraine à temps». Pire, la production de maïs en Ukraine va diminuer de 53 % durant la campagne en cours, estime le ministère américain de l’agriculture (USDA), qui voit également la quantité de blé produite par le pays en guerre reculer de plus d’un tiers. Cette année, il faut s’attendre à de grandes perturbations du marché du blé où les prix risquent de flamber davantage.

À propos B.nadir

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*

x

Check Also

Pièces détachées autos, le puzzle !

Dans un communiqué publié ce ...

L’OPEP optimiste face aux incertitudes!

Mardi, les prix du pétrole ...

Le Covid qui intrigue toujours !

Selon une étude sur la ...

La chute du blé, une aubaine pour l’Algérie!

Suite à une baisse des ...

L’Algérie à l’heure de la transition énergétique

L’Algérie possède un potentiel considérable ...