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Blé, il y en aura !

La guerre en Ukraine a un impact direct sur notre consommation. Dans le monde entier, les céréales voient leurs prix grimper toujours plus haut alors que les stocks mondiaux de blé sont annoncés en baisse. « On a des marchés qui sont revenus, tous produits, sur des niveaux proches des plus hauts connus. La situation en Ukraine ne s’améliore pas, et c’est d’autant plus important qu’on se rapproche de périodes cruciales pour les semis de printemps », alerte Gautier le Molgat, analyste d’Agritel. « L’enlisement du conflit repousse désormais la capacité de l’Ukraine à revenir sur le marché, prorogeant le moment où les ports seront en capacité d’exporter », avertit Edward de Saint-Denis, courtier chez Plantureux et associés. La capacité d’exportation ukrainienne stagne autour de 10%, uniquement par voie routière et ferrée, alors que les ports voisins de la mer Noire (Bulgarie, Roumanie) sont engorgés. Les spécialistes craignent l’année prochaine où ils ne savent pas si le blé ukrainien planté pourrait être récolté et ensuite exporté. Ce qui pourrait aussi faire grimper encore et encore les prix. « Ce marché continue d’accumuler les primes de risque chaque jour : prime d’inflation, prime pour la guerre, prime pour le climat », résume Jason Roose, du courtier américain US Commodities, relayé par l’AFP. Dans le bassin méditerranéen, la demande de blé restait forte « avec la sécheresse au Maghreb, en particulier au Maroc, où l’on parle de 50% de baisse de la production attendue », souligne Edward de Saint-Denis. Dans ses dernières prévisions publiées le 8 avril, la FAO, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, a réévalué ses estimations faisant suite aux répercussions du conflit en Ukraine sur les marchés des céréales, en particulier celui du blé. « La fermeture des ports en Ukraine devrait considérablement limiter les exportations du pays, tandis que des difficultés financières et des problèmes de fret ralentissent les exportations de la Fédération de Russie. […] Les pertes d’exportations attendues dans la région de la mer Noire devraient se traduire par une baisse des expéditions en provenance et à destination de la région, ainsi que par une hausse des prix mondiaux, une diminution des importations, un ralentissement de la croissance de la demande et un recul des stocks plus important que prévu dans plusieurs pays », explique la FAO. Pour 2022, la FAO prévoit une production mondiale de blé à 784 millions de tonnes, soit une progression de 1,1 % par rapport à 2021 malgré le conflit qui sévit en Ukraine. Le FAO laisse supposer qu’il n’y aurait pas un grand recul sur les exportations pour le blé. En ce qui concerne les échanges mondiaux de blé, ceux-ci resteront proches des niveaux obtenus lors de la précédente campagne, compte tenu d’une révision à la baisse de 4,2 millions de tonnes par la FAO. Zoubar Ali, chargé de la direction de régulation et du développement des productions agricoles au ministère de l’agriculture, a assuré que l’Algérie a les réserves suffisantes en blé, et ce, grâce au travail qu’effectue l’OAIC, « qui a ses clients et sa part dans le marché mondial ». Il précise que le changement du cahier des charges de l’OAIC par le ministère « nous a permis de trouver facilement le produit à l’international et au moment voulu, en augmentant la liste des fournisseurs sans trop d’exigences comme c’était le cas avant », selon le même média.

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