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Blé, arme de chantage ?

Blé, maïs, colza: les prix des matières premières agricoles grimpent à nouveau, la volatilité restant de mise, face à l’enlisement du conflit entre Russie et Ukraine et alors que les prochaines récoltes approchent. Les prix du blé continuent de grimper face à la guerre en Ukraine et des conditions météos inquiétantes aux USA. Les prix du blé reprenaient une petite marche haussière, jeudi, à la mi-séance sur Euronext. Les craintes climatiques prennent en effet de plus en plus d’ampleur outre-Atlantique avec des cartes météos qui n’annoncent que des pluies hétérogènes et disparates sur les blés du Midwest américain au cours de la prochaine quinzaine, indique «terre-net». Un rafraîchissement des températures dans la Corn Belt est également observé alors que débutent les semis de maïs dans le pays. Le marché des céréales est en outre toujours sous tension face à la guerre en Ukraine. La chute de la production du pays cette année fait désormais consensus et la capacité du pays à revenir sur le marché export à moyen terme apparaît très hypothétique. Vers 14h00, le blé Euronext à échéance mai 2022 montait de 2 €/t, à 366 €/t, tandis que le contrat décembre 2022 augmentait de 2,50 €/t, à 339,50 €/t. Le maïs Euronext à livraison juin 2022 baissait de 3 €/t, à 316,50 €/t, le terme août 2022 se relâchait de 0.50 €/t, à 316,75 €/t. Mais plusieurs médias et spécialistes affirment que l’Ukraine est sur la bonne voie pour récolter la plupart de ses vastes champs de céréales cet été même si l’on craint de plus en plus que les pénuries d’approvisionnement liées à la guerre ne réduisent la production d’un tiers. Le pays a également 30 millions de tonnes de blé en stock. Le président russe Vladimir Poutine a proposé mardi de «surveiller» les livraisons alimentaires vers les pays «hostiles» au Kremlin, en pleine vague de sanctions contre Moscou. En parallèle, les taxes à l’exportation sur le blé russe augmentaient ce mercredi, passant de 87 à 96,1 dollars la tonne jusqu’au 12 avril. Gautier Le Molgat, analyste d’Agritel, indique à « Libre Eco »: « Ces menaces visent moins l’Europe, qui « n’importe pas tellement de marchandise russe », qu’à mettre la pression sur les pays d’Afrique du Nord, pour les obliger à choisir leur camp ». Pour plusieurs analystes, face aux recours limités aux stocks américains ou européens et à une demande chinoise toujours gourmande en céréales, l’Inde apparaît désormais comme « un acteur majeur » sur la scène internationale. « L’Inde aura exporté entre le 1er avril 2021 et le 31 mars 2022, correspondant à son année fiscale, 7,85 millions de tonnes de blé, un niveau historique d’exports » qui pourrait se confirmer pour la prochaine campagne, relève Agritel. L’Algérie semble avoir pris les devant en se mettant temporairement à l’abri du besoin. Aujourd’hui, une stratégie bien étudiée devra être réfléchie pour éviter d’autres hausses des salaires que ce soit du blé, de l’huile et tant d’autres. Déjà, la hausse des prix asphyxie l’Algérien. L’Europe et les Etats-Unis ne tarderont pas à faire du blé une arme de guerre et aussi une arme de chantage si le conflit irait à perdurer d’ici l’année prochaine.

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