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TOPSHOT - Protesters stand with a plastic cover to protect against police water cannon as they take part in a demonstration against the military coup in Yangon on February 9, 2021. / AFP / Sai Aung Main

Birmanie. La mobilisation se poursuit et la répression s’amplifie

Plusieurs dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées à Rangoun, mercredi 10 février, au lendemain d’un raid nocturne de l’armée contre le siège du parti d’Aung San Suu Kyi. La mobilisation ne faiblit pas en Birmanie. Mercredi 10 février encore, des cortèges totalisant plusieurs dizaines de milliers de personnes, selon différentes estimations, ont défilé dans le centre de Rangoun, la capitale économique du pays, dont un devant l’ambassade de Chine, pays considéré comme favorable aux généraux, alors que la répression a franchi un nouveau cap mardi. «Nous ferons tout pour rejeter le gouvernement militaire», a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) Kyaw Kyaw, un employé d’hôtel. «Nous ne voulons pas rester sous la dictature. J’ai aussi un peu peur après la répression d’hier», a ajouté Khin Nyein Wai, un étudiant. Selon la Ligue nationale pour la démocratie (LND), les militaires ont mené mardi soir un raid contre le siège du parti d’Aung San Suu Kyi dans la ville. «Le dictateur militaire a investi et détruit le quartier général de la LND aux environs de 21 h 30» (16 heures à Paris), a fait savoir le parti sur sa page Facebook, alors qu’avaient lieu des manifestations dans plusieurs villes, réprimées avec des canons à eau et des tirs de balles en caoutchouc. Dans la matinée de mercredi, ses membres ont trouvé des serrures forcées, du matériel informatique manquant, du câblage électrique et des câbles de serveur coupés. Des documents bancaires avaient disparu d’un coffre-fort. Selon Soe Win, le parti prévoit de porter plainte auprès de la police. Toujours d’après la LND, l’ex-dirigeante Aung San Suu Kyi serait «en bonne santé», assignée à résidence à Naypyidaw, la capitale administrative, dans le centre du pays. Une manifestation réunissant plusieurs milliers de personnes y était également en cours mercredi. Dans l’Etat de Kayah, à l’est, des policiers se sont joints à la manifestation, rapportent des médias locaux. L’ONU a condamné, mardi, l’usage «disproportionné» et «inacceptable» de la force par l’armée, à l’origine du coup d’Etat du 1er février. «De nombreux protestataires ont été blessés, dont certains grièvement», d’après des rapports reçus de plusieurs villes du pays, a déclaré Ola Almgren, coordonnateur résident des Nations unies en Birmanie. Le rapporteur spécial des Nations unies pour la Birmanie, Tom Andrews, a, quant à lui, assuré que la police avait tiré et blessé une jeune femme à Naypyidaw. Les images de cette action ont été massivement partagées sur les réseaux sociaux. Selon un médecin de l’hôpital de la ville, la jeune femme, Mya Thwe Thwe Khine, touchée à la tête, est «en soins intensifs, car elle a besoin d’aide pour respirer et reste inconsciente ». Un autre médecin avait estimé mardi que les militaires n’avaient pas uniquement tiré sur les manifestants avec des balles en caoutchouc, mais aussi à balles réelles, à en juger les blessures subies par deux jeunes hommes hospitalisés dans un état critique.

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