Accueil » RÉGIONS » Béjaïa. La production de la figue chute de plus de 80% à Beni Maouche

Béjaïa. La production de la figue chute de plus de 80% à Beni Maouche

La région de Beni Maouche est sur le point de clôturer la campagne de collecte de la figue sèche avec une production des plus faibles comparativement aux années précédentes. L’association des producteurs de la figue de la commune de Beni Maouche estime la baisse de la production de cette année à plus de 80%. Une production impactée par la sécheresse et d’autres aléas climatiques, une situation qui dure depuis plus de quatre années déjà en sus «de caprification qui n’a pas été faite faute de l’indisponibilité de la figue sauvage’’, estiment plusieurs producteurs de la figue. «La figue de cette année ne pourra pas avoir lieu à cause de la faible production de la figue», nous dira un membre de l’association organisatrice de cette événement qui appelle à « l’intervention des pouvoirs publics pour venir au secours des producteurs». La région de Beni Maouche est connue pour la production de la figue sèche et fête, chaque année, ce produit de terroir par une manifestation agricole. Sauf que pour cette année, la fête de la figue n’aura pas lieu pour manque du produit. La production de la figue de cette année, est jugée de « catastrophique et jamais enregistrée auparavant », et ce, suite à « une combinaison de facteurs, mêlant à la fois les conditions météorologiques et hygrométriques que celle en rapport avec l’amélioration des conditions techniques de production et le savoir acquis en termes de suivi », nous explique un producteur de la figue de cette région de montagne. Les prix pratiqués cette année pour la figue, ont dépassé les 2 500 DA le kilogramme, « compte tenu de la production très faible et de la demande accrue sur ce produit de terroir », nous fait-on aussi savoir. Pour la renaissance du figuier, les producteurs de la figue de cette région n’ont cessé d’exhorter les autorités pour mettre en œuvre un programme spécial de régénération du figuier à travers de nouvelles plantations pour remplacer les figuiers détruits par les incendies et ceux atteints par l’âge. Pour ce qui est de la commercialisation de la figue, les producteurs de la figue ont profité de ce regroupement pour demander, encore une fois, la mise en place d’un centre de conditionnement, pour mettre fin à l’anarchie qui règne dans le marché informel, où seuls les spéculateurs tirent leurs épingles du jeu. Pour rappel, la Figue de Beni Maouche a été labellisée au grand bonheur des producteurs de cette localité qui n’ont de cesse de revendiquer cela des années durant. Une labellisation qui rentre dans le cadre du programme d’appui à la mise en œuvre de l’accord d’association Algérie-Union Européenne dont les experts et les chercheurs ont fait plusieurs déplacements à Beni Maouche. Ce processus de labellisation de la figue de Béni Maouche, soutenu par le Ministère de l’agriculture, financé par l’Union européenne, a duré trois années, durant cette période, le type de commercialisation adéquat de la figue a été étudié dont le processus relatif au traitement, au conditionnement et à la distribution. L’aboutissement maintenant de ce processus donnera des ailes à la figue algérienne de pénétrer le marché mondial. Et pour ce faire, les producteurs « saluent les entreprises qui se sont adaptées pour la fabrication du carton ondulé, dont le packaging répondant aux normes internationales ». Dans cette région de Béni Maouche, l’agriculture familiale renferme plusieurs filières sur lesquelles l’alimentation de la famille rurale se base et « la figuiculture contribue avec une part importante dans le système de production mais à elle seule, elle ne couvre pas tous les besoins des familles d’où la nécessité d’agir dans double directions, ce qui a fait l’objet de ce projet qui s’agit d’accompagner des initiatives des femmes créatrices de revenus, en les aidant à profiter des dispositifs publics d’aide au développement », nous fait savoir un membre dirigeant de l’association des producteurs de la figue de Béni Maouche. Une association qui plaide également pour « l’organisation de la filière figuicole et la consolidation des liens entre les différents acteurs de la filière par la mise en place effective de la coopérative de transformation de la figue » et l’amélioration de la fête annuelle de la figue. Cette dernière est devenue une célébration annuelle et un point de convergence des visiteurs de tous les coins du pays et même en dehors. Cette région compte plusieurs variétés de la figue dont Tazendjarth et Taamriouth…etc, et de différentes catégories (la supra, l’extra, la standard…etc). Après la labellisation de la figue de Béni Maouche, un rapprochement entre les chercheurs de l’université et les agriculteurs est entamé pour « renforcer les liens et établir des relations d’échange sur des savoirs faire et des connaissances scientifiques ». Dans ce cadre, une étude sur normes en matière d’emballage, de conditionnement et de transport de la figue sèche de Béni Maouche a été lancée, il y’a quelques mois de cela, dans le cadre d’un mémoire de fin de licence professionnelle en emballage de l’université de Béjaïa. Le figuier est une culture qui nécessite la sauvegarde et la protection, pour cela l’association des figuiculteurs de la Wilaya de Béjaïa a mis en place le projet « Le figuier, pilier du système agraire : conservation / valorisation de sa biodiversité et modernisation de la filière figuicole ». Ce projet ambitieux compte sur la conservation de la biodiversité du figuier, la valorisation de la figue et la modernisation de séchage. « Afin de remplacer l’ancien mode de séchage en plein air, donc il y a une expérience que nous avons démarré à la région de Béni Maouche et ses environs, un séchage sous abri afin de minimiser la charge du travail, éviter les pertes en cas d’orages, améliorer les conditions sanitaires (éviter la poussière, le passage d’animaux, exposition au soleil …) », nous dira un membre de l’association à propos de ce modèle en phase d’expérience. Enfin, l’association se penche sérieusement sur les effets des changements climatiques sur le figuier pour sortir avec des conclusions et une feuille de route scientifiques en vue de mettre la production de la figue à l’abri de ces changements qui touchent la planète. Les pertes pour les producteurs de la figue sont importantes cette année et l’association qui les représente demande une aide de l’Etat en sus de lancement d’études pour trouver des solutions au changement climatique, qui affecte dangereusement la production de la figue sèche qui fait la renommée de cette région.

À propos Hocine Smaali

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*

x

Check Also

Saison estivale. Ce n’est pas encore le grand rush à Béjaïa

Contrairement à ce qui a ...

Béjaïa. 11 départs de feu enregistrés et 50 ha de dégâts au couvert végétal

Les derniers incendies enregistrés à ...

Elle permettra d’alimenter six communes de la rive sud de la wilaya de Bejaïa. Une station de traitement d’eau de 50 000 m3 mise en service

Les communes de la rive ...

Béjaia. La liste des noyades et des accidents de la circulation s’allonge

La liste des noyades en ...

Véhicules poids lourds. Circulation interdite le jour sur deux routes nationales à Béjaïa

Les véhicules poids lourds sont ...