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Béjaia. La figue sèche de plus en plus cher

Les prix de la figue sèche continuent de grimper d’année en année pour dépasser, durant cet automne, les 300 DA le kilogramme. En effet, la figue de qualité de la région de Béni Maouche, connue pour son label, dépasse cette somme pour le premier choix entre 2.700 et 2.500 DA les autres choix. Des prix jamais enregistrés dans le passé au point dépassant même les prix de la datte et de la fameuse Deglette Nour. Ces prix inabordables ont poussé certains commerçants et grandes surfaces à ne pas se ravitailler en ce fruit «compte tenu de la marge bénéficiaire qui reste minime et du manque d’engouement pour ce produit devenu cher», nous dira un commerçant de la ville de Béjaia, spécialisé pourtant dans la commercialisation de ce produit de terroir. «Même durant les dernières foires organisées, respectivement à Akbou et Beni Maouche, les prix n’ont pas baissé», nous fait savoir notre interlocuteur qui se plaint du réseau de l’absence de circuit de commercialisation et de distribution de ce produit comparativement aux autres produits. Cette hausse des prix de la figue sèche est expliquée par les producteurs par la chute drastique de la production due à plusieurs paramètres. Cette année, la production de la figue sèche est estimée à 44.463 quintaux contre 72.000 quintaux produits la saison écoulée, une chute de plus de 27.000 quintaux. L’association des producteurs de figue de Beni Maouche pointe du doigt «les conditions climatiques défavorables dont le manque de pluviométrie et la canicule qui a sévi», des phénomènes qui ont pesé énormément sur la production et les rendements. En sus des caprices climatiques qui hypothèquent le rendement, «les véritables raisons qui ont fait aussi chuter la production, sont le vieillissement des plantations et l’absence d’un programme de régénération», nous indique, en outre, d’autres agriculteurs rencontrés. Nos différents interlocuteurs sont unanimes aussi à relever l’épineux problème de commercialisation de la figue et l’inexistence d’un centre de conditionnement, ce qui oblige le producteur, nous signale-t-on, pour écouler sa marchandise, à recourir «au marché de l’informel où le bénéficiaire n’est personne d’autre que le spéculateur».
«Les efforts fournis et les contacts entrepris pour vendre la figue aux unités de transformation agroalimentaire de l’Etat en vue de la transformer en confiture, sont restés vains», nous explique-t-on aussi. Les producteurs tirent la sonnette d’alarme «sur le devenir de la production de la figue à Beni Mouche qui, pourtant, bénéficiait d’un label reconnu jadis mondialement» et insistent sur la mise en place «d’un véritable programme de prise en charge de cette culture qui faire vivre des centaines de familles». Beni Maouche est une région dont le nom reste lié à la culture de la figue qui se transmet de génération en génération. Notons que ce fruit qui est réputé pour sa qualité supérieure et sa diversité, faisait vivre plusieurs familles. La culture du figuier dans cette région de Kabylie se fait par les agriculteurs d’une manière traditionnelle avec des méthodes de séchage très anciennes et on y trouve trois types d’arbres: les figuiers mâles, les femelles et les bakours, qui sont les figuiers non fécondés. La figue de Beni Maouche a été labellisée dans le cadre du programme d’appui à la mise en œuvre de l’accord d’association Algérie-Union Européenne dont les experts et les chercheurs ont fait plusieurs déplacements à Beni Maouche. Ce processus de labellisation de la figue de Béni Maouche, financé par l’Union européenne, a duré trois années. Durant cette période, le type de commercialisation adéquat de la figue a été étudié dont le processus relatif au traitement, au conditionnement et à la distribution.
A l’échelle mondiale, l’Algérie est classée parmi les cinq premiers pays en la matière de production de la figue. L’Algérie est classée avec la Turquie et l’Egypte parmi les grands producteurs de ce fruit et ce, grâce au Plan de proximité de développement rural intégré (PPDRI) mis en place depuis 2008. Malgré cette performance, les spécialistes du domaine agricole estiment qu’il est temps de se pencher sérieusement sur ce dossier et prendre en charge les véritables problèmes de cette filière qui peut rapporter des devises fortes au Trésor public.

À propos Hocine Smaali

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