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Béjaïa. Hommage au cinéaste Abderrahmane Bouguermouh

La ville d’Ouzellaguen, dont le village Ifri, a abrité le congrès de la Soummam, a rendu hommage, hier, à Abderrahmane Bouguermoh, l’un de ces fils prodiges qui a marqué le cinéma Algérien de son empreinte. C’est l’association Horizon de cette localité qui a concocté un programme pour retracer le parcours de ce cinéaste à travers une exposition de documents et photos, une table ronde de témoignages, un recueillement sur sa tombe et bien sûr la projection de son film «la Colline oubliée». Abderrahmane Bouguermoh a donné cœur et âme à «la colline oubliée», tiré du roman de Mouloud Mammeri, qui se veut le premier film en langue Amazigh qui voit le jour en Algérie. Sortant de l’IDHEC (Institut des hautes Etudes Cinématographiques) en 1960, il réalise des émissions de variétés pour la télévision, RTF, à Cognacq Jay pour intégrer ensuite, dès l’indépendance du pays, le centre national cinématographique algérien dont il sera exclu en 1964 pour ses idées qui ne cadrent pas avec la politique de l’époque. Des idées que Bouguermouh a clairement affiché dans son moyen métrage «comme une âme», un texte de Malek Haddad, réalisé en Kabyle, qui a été carrément refusé en sus d’un autre refus qu’il a essuyé pour le projet du film la Colline Oubliée, disposé en 1968. De 1965 à 1968, il réalise une série de documentaires de commande et tourne en 1967 un moyen métrage «la grive», plusieurs fois primé, il assiste Mohamed Lakhdar Hamina dans «Chronique des années de braises», tourné en 1973. Bouguermouh réalise en 1978 pour la télévision «les oiseaux de l’été», puis «Kahla Oua Beida», en 1980, un film hommage à l’équipe Sétifiène de Football, qui a eu un succès retentissant à l’époque. En 1987, il tourne son premier long métrage en 35 mm «Cri de pierre», plusieurs fois primé à l’étranger, mais subissant une grande critique nationale. Déposé en 1968, l’autorisation de tourner en berbère «La colline oubliée» n’est, enfin, délivrée…qu’en 1989, un film adapté du célèbre roman de Mouloud Mammeri et sorti en salle en 1997, devenant ainsi le premier film d’expression amazigh. Abderrahmane Bouguermouh est, pour rappel, le frère de Malek Bouguermouh, ex-directeur du théâtre régional de Bejaïa (TRB), réalisateur de beaucoup d’œuvres théâtrales dont H’Zam El Ghola et R’djal Y’a H’lalef, Malek est mort dans un accident de circulation, en 1989, sur la route d’El-Kseur à Bejaïa, laissant le Théâtre régional de Bejaïa orphelin. Abderrahmane Bouguermoh a tiré sa révérence le 3 février 2013, après avoir signé son dernier ouvrage, un roman, qu’il nomme Anza qui était écrit initialement comme scénario d’un film. Un long écrit dans lequel il retrace les souffrances du peuple Algérien durant le joug colonial, avec une halte bien particulière durant les événements du 8 mai 1945.

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