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Glaziers remove broken glass at a supermarket after yesterday's riots against the COVID-19 lockdown in Eindhoven, Netherlands January 25, 2021. REUTERS/Piroschka van de Wouw

Après une nouvelle nuit d’émeutes contre un couvre-feu inédit. Les Pays-Bas sous le choc

Les protestations provoquées par les restrictions décidées pour enrayer la progression des variants du Covid-19, interviennent à quelques semaines des élections du 17 mars, où le premier ministre Mark Rutte, reste favori en dépit de la poussée de l’extrême droite. Magasins pillés, voitures incendiées, affrontements violents : pour la troisième soirée consécutive, la police et la gendarmerie néerlandaise ont dû intervenir massivement dans une douzaine de villes des Pays-Bas, dont Amsterdam, La Haye et Rotterdam, lundi 25 janvier, face à des manifestants protestant contre les mesures imposées par le gouvernement afin d’endiguer l’épidémie de Covid-19. Au cours du week-end, un hôpital avait été attaqué à Enschede, un centre de dépistage détruit par le feu à Urk et des policiers menacés avec des couteaux à Eindhoven. Mark Rutte, premier ministre démissionnaire depuis une dizaine de jours, et qui se lance dans la campagne en vue des législatives du 17 mars, a dénoncé «une violence criminelle qui sera traitée comme tell». «Tout cela n’a rien à voir avec une lutte pour la liberté. Nous devons gagner le combat contre le virus, sinon nous ne retrouverons pas notre liberté», a expliqué le dirigeant libéral. a police et la gendarmerie disaient s’être préparées à ces nombreux incidents en constatant les appels à la mobilisation lancés sur les réseaux sociaux. La détermination et la violence des protestataires surprend tout le monde. Y compris des journalistes, menacés et parfois agressés, car considérés comme complices des autorités. Les reporters de la chaîne publique ont d’ailleurs renoncé depuis quelques semaines à se déplacer dans les camions satellites portant le sigle NOS et sont désormais accompagnés de gardes du corps, dont l’un a été arrosé de spray au poivre le week-end du 23 et du 24 janvier. Le mouvement actuel rassemble visiblement des opposants de tout type : antivaccins, jeunes mécontents, casseurs, opposants à la politique du premier ministre libéral, défenseurs des libertés publiques, etc. A Amsterdam, l’une des porte-parole des manifestants portait, dimanche, une casquette siglée du slogan trumpiste « Make America Great Again ». Michel Reijinga, présenté comme l’organisateur d’une mobilisation qui semblait en réalité très informelle, affirmait, lui, qu’il rejetait la violence et avait seulement invité à «prendre un café» sur la place des Musées, haut lieu culturel de la capitale. Le mouvement de protestation a aussi gagné des endroits plus insolites, comme Urk, au cœur de la «Bible Belt» néerlandaise. Ce petit port de pêche de la province du Flevoland est un foyer du conservatisme protestant, où plus de 90% des habitants fréquentent le temple. En octobre 2020, la population avait enfreint les règles limitant à 30 le nombre de fidèles, estimant que la loi de Dieu était supérieure à celle du gouvernement. Seule la mort d’un médecin atteint du Covid-19 et le fait que la commune détenait le record national des contaminations semblait avoir vaincu, récemment, l’hostilité des habitants à la vaccination.

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