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Agir au plus vite !

Au moment où le président de l’Autorité nationale indépendante des élections, Mohamed Charfi, parlait du projet de loi électorale et de l’impossibilité d’organiser des élections législatives et locales, le même jour, en raison du manque de moyens, notamment humains, des professionnels et experts de la santé tirent la sonnette d’alarme sur la situation sanitaire. C’était au tour du président de la Forem, le Pr Mostefa Khiati, d’indiquer que le séquençage est une « question de sécurité nationale ». Le séquençage est une description systématique des séquences de nucléotides d’un génome. C’est par cet outil que l’on peut dire quel type de virus circule en Algérie. En Occident, on affirme que le séquençage est un outil indispensable pour traquer le virus COVID. Khiati déplore le retard immense qu’enregistre l’Algérie dans le domaine du séquençage de la Covid-19. Pour lui, le séquençage est une question de sécurité nationale. Le Pr Khiati pointe les défaillances, dans ce domaine, de l’Institut Pasteur d’Algérie et de l’Agence de sécurité sanitaire (ANSS), comme le rapporte TSA. Le Pr Khiat n’a pas fait dans la « dentelle », en affirmant au sujet de quel type de souche du Covid-19 circule en Algérie : «C’est clair qu’on ne le sait pas. Les experts de la délégation chinoise qui avaient séjourné en Algérie en mars-avril dernier, ont avancé que le Covid qui circulait à cette période-là en Algérie, était de la même souche que celui qui sévissait en France. Sur quoi s’étaient-ils basés? Je dirais que c’est fantaisiste de tirer des conclusions de cette façon, lorsqu’on n’a pas fait l’étude génétique ». Un grave aveu qui remet en cause tout ce qui a été dit par les autorités sur la gestion pandémique. Pire, Khiat révèle : «Il est vrai qu’il y a des séquenceurs en Algérie, un à Constantine et un second à Oran. Néanmoins, ce sont des équipements d’ancienne génération, alors qu’aujourd’hui on a plus besoin de séquenceurs dits à flux importants et qui pourraient répondre à la demande, du fait de l’existence de nombreux virus, ce qui nécessite des examens quotidiens afin de détecter des modifications ». Il pointe son doigt accusateur vers l’Institut Pasteur d’Algérie, chargé d’identifier les différents virus (mutants) puisqu’il dispose d’un département de virologie à Sidi Fredj et donc, il était appelé à assumer cette mission. « Malheureusement, l’IPA s’est transformé en EPIC et passe son temps à vendre ce qu’il importe, notamment des allergènes pour la désensibilisation aux médecins privés », a dénoncé Khiat. Ce dernier affirme qu’il y a des laboratoires capables d’assumer cette mission. Mais pourquoi les experts et spécialistes n’ont pas dénoncé cette lacune, bien avant l’apparition des virus britannique et sud-africain. Pourquoi le ministère de la Santé n’a pas réagi à ces graves déclarations? Pourquoi ce mutisme des politiques face à de telles dénonciations? Khiat a rassuré que l’actuel virus ne serait pas britannique. Il dira : «Aujourd’hui, je ne le pense pas, autrement on aurait assisté à une flambée de l’épidémie. Au moins des clusters avec des cas nombreux, etc. Il ne semble pas, je dis bien, il ne semble pas, sans être sûr, que ce soit le cas. On ne peut pas arrêter les rapatriements, les Algériens ont le droit de rentrer chez eux. Cependant, même si on exige aux voyageurs un test PCR avant l’embarquement, il est également indispensable de réaliser des tests PCR à l’arrivée en Algérie». Les politiques sont dans l’obligation de réagir et d‘agir avant qu’il ne soit trop tard.

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