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A propos de la grève envisagée par certaines organisations syndicales. Le ministère du Travail précise et menace

La flambée des prix est un phénomène devenu certes récurrent mais à la tendance abominable durant le Ramadhan, à cause des comportements pour le moins scandaleux des commerçants et des opérateurs. Pour justifier l’effondrement avilissant du pouvoir d’achat à l’origine de la cherté de la vie, des organisations syndicales sont montées au créneau. Elles ont envisagé le recours à des actions de contestation. Ces organisations syndicales sont regroupées soit autour d’une Coordination de «Syndicats algériens de la Fonction publique ou d’une organisation dénommée «Confédération des Syndicats Algériens». Elles ont distillé des communiqués via la presse et les réseaux sociaux appelant à une contestation en vue d’améliorer le pouvoir d’achat. Seulement, ces deux organisations sont considérées par la tutelle, le ministère de Travail, comme étant «non conformes» à la loi en vigueur. Le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale a évidemment réagi. Il a apporté, jeudi, des précisions sur la diffusion de communiqués émanant de certaines organisations syndicales, activant principalement dans la Fonction publique et qui envisagent d’organiser « un mouvement de contestation », alors qu’elles ne peuvent pas activer pour « non conformité » à la loi en vigueur, a indiqué un communiqué de ce ministère. Pour le ministère, la Confédération des syndicats algériens n’a pas reçu de récépissé d’enregistrement de sa déclaration de constitution. S’agissant de l’organisation appelée «Syndicats algériens du secteur de la Fonction publique», le ministère de Travail souligne qu’elle n’est pas une organisation syndicale reconnue au sens de la loi N: 90-14. Le ministère a indiqué avoir constaté « ces derniers jours, la diffusion de communiqués par voie de presse et sur les réseaux sociaux, émanant de certaines organisations syndicales activant principalement dans la Fonction publique, regroupées au nom d’une coordination dénommée «Syndicats Algériens du Secteur de la Fonction Publique (SASFP)» et d’une organisation dénommée «la Confédération des Syndicats Algériens (CSA)». Selon ces communiqués, ces organisations syndicales envisagent d’organiser un mouvement de contestation pour revendiquer notamment l’amélioration du pouvoir d’achat. La sempiternelle question cependant que se posent les spécialistes des questions de travail, est pourquoi le recours à un regroupement des syndicats pour appeler à une contestation? Lors des échéances passées, notamment la rentrée scolaire, certains syndicats cavalaient en solo, chacun en ce qui le concerne pour faire valoir ses revendications. On peut supposer que le pouvoir d’aucun qui pourrait représenter le dénominateur en commun des revendications des syndicats, serait derrière cette volonté de se regrouper en plusieurs organisations syndicales. Cela pourrait avoir plus de tonalité et plus d’efficacité dans la valorisation des revendications, mais là aussi, ça ne tient pas la route puisque les syndicats pouvaient agir en tant qu’une organisation agréée et conforme à la loi, au lieu de s’organiser par des agglutinements ou des rassemblements de syndicats non reconnus. Il attire l’attention des organisations syndicales concernées sur le fait que «la Confédération des Syndicats Algériens (CSA)» « n’a pas reçu à ce jour le récépissé d’enregistrement de sa déclaration de constitution lui permettant d’activer légalement et ce, pour non-conformité du dossier aux dispositions de la loi N°90-14 du 02 juin 1990, modifiée et complétée, relative aux modalités d’exercice du droit syndical ». De même, il convient de souligner que la coordination syndicale dénommée +Syndicats Algériens du Secteur de la Fonction Publique (SASFP)+ « n’est pas une organisation syndicale reconnue au sens des dispositions de la loi N° 90-14 sus citée et, par conséquent, tout mouvement initié par cette coordination est une violation des dispositions légales en vigueur en matière d’exercice du droit syndical ». Par ailleurs, l’appel à une grève nationale dite de +solidarité+ impliquant « immanquablement un ralentissement de l’activité économique et pouvant porter atteinte aux besoins essentiels de notre société, ne peut être favorable à la recherche de la consolidation et du renforcement de la préservation d’un climat social serein et d’un dialogue social véritablement inclusif dans lequel se déroulent et s’exécutent les devoirs et obligations des parties à la relation de travail, dans le respect des dispositions législatives et règlementaires la régissant », a souligné le ministère qui rappelle que l’exercice du droit de grève est « consacré dans la Constitution et encadré par les dispositions de la loi N° 90-02 du 6 février 1990, modifiée et complétée, relative à la prévention et au règlement des conflits collectifs de travail et à l’exercice du droit de grève », précisant « ce droit doit s’exercer, néanmoins, dans le respect de la procédure légale, notamment après épuisement des procédures préalables de prévention des conflits collectifs (réunions périodiques, conciliation et éventuellement la médiation) ». Aussi, les organisations syndicales qui se prononcent sur une grève « doivent être enregistrées légalement et remplir les conditions de représentativité conformément aux dispositions de l’article 38 alinéa 2 de la loi N: 90-14 susvisée », note la même source. Il est aussi écrit ces organisations syndicales « prendraient la responsabilité, soit d’appeler les travailleurs et les fonctionnaires à une grève nationale solidaire contraire aux dispositions de la loi, soit de commettre des actions de contestation se traduisant par une atteinte à la liberté de travail et à la continuité des services publics. Le ministère de Travail menace par des mesures conformément à la règlementation. Le ministère rassure que les pouvoirs publics demeurent à l’écoute des partenaires sociaux. Il ajoute qu' »outre les subventions des produits de large consommation, l’ensemble des mesures prises récemment par le Gouvernement à travers la revalorisation des salaires par l’augmentation des indices de base de la grille indiciaire, la révision du barème de l’IRG et la revalorisation du salaire national minimum garanti (SNMG) visent à générer une amélioration du pouvoir d’achat des fonctionnaires et des travailleurs ». Le ministère souligne que « d’autres mesures visant l’amélioration de niveau de vie des citoyens ont été prises, malgré le contexte particulier, à travers la revalorisation des pensions, des allocations de retraite et des rentes de sécurité sociale, l’institution de l’allocation de chômage avec une couverture sociale pour les primo demandeurs d’emploi, ainsi que l’intégration des bénéficiaires des Dispositifs d’Aide à l’Insertion Professionnelle (DAIP) et à l’Insertion Sociale (DAIS) ». Le ministère du Travail invite tous les fonctionnaires et les travailleurs, ainsi que leurs représentants à « rester vigilants, tout en veillant au respect de la législation du travail en vigueur ».

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